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Efforts politique, technique, responsabilités collective et individuelle, l’ONG suisse Noé 21 dit que les solutions techniques existent, de même que les capitaux, mais que c’est une vraie volonté politique qui manque pour réguler les émissions de gaz à effet de serre et assurer aux générations futures un développement durable et harmonieux. Fondée il y a deux ans par Chaim Nissim, ingénieur informaticien et ancien député au Parlement genevois, l’ONG Noé 21 propose et présente des solutions qui permettront de sauver notre planète.

Pourquoi Noé 21 ?

Noé 21 c’est l’acronyme de Nouvelle orientation économique POUR LE 21Ème siècle. On se dit que, on n’a pas le temps d’imaginer un autre système économique, ce qu’il nous faut c’est diriger l’économie qu’on a aujourd’hui dans le sens d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Un marché libre cela n’existe pas, il y a toujours des contraintes. Ce qu’il nous faut maintenant c’est décider de contraintes qui aillent vers une réduction des émissions de gaz. 

On ne va pas seulement augmenter des prix, il faut aussi diminuer des taxations ailleurs.

Qu’est ce qui justifie l’augmentation des prix ?

La seule fois dans l’histoire moderne où on a diminué la consommation de pétrole, on a diminué  la pollution. Et c’est quand les prix ont augmenté. En 1974, l’OPEP avait décidé d’augmenter les prix. Ce qu’on aurait bien aimé retrouver, c’est le même effet : diminution de la consommation, diminution de la pollution en augmentant peu à peu le prix du pétrole. Certains économistes développent de plus en plus cette idée. Et nous souhaiterions donner du vent et de l’air à cette idée.

Que fait Noé concrètement pour promouvoir cette idée ?

On évalue tout ce qui se présente comme solution pour diminuer la pollution de l’air. Donc, on évalue, étudie, on regarde les travaux d’autres scientifiques et puis on garde les solutions qui selon nous sont valables et applicables aujourd’hui et on laisse de côté des solutions qui se présentent comme bonnes mais qui soit inadaptées technologiquement soit qui coûtent très cher donc pas compétitives. De même nous laissons de côté des solutions qui dépendent du pétrole ou du charbon qui sont par ailleurs des ressources qui sont en train de s’épuiser et qui vont coûter de plus en plus cher.

Noé 21 fait le tri entre différentes solutions et essaie de faire des présentations les plus claires possibles et informe les décideurs comme les politiques, les représentants des employeurs, les syndicats, les ONGs et les organisations de consommateurs.

 

Comment expliquez – vous le choix des dates 1860 et d’arrivée 2050 ?

On aurait pu prendre par 1750, le début de l’industrialisation. 2050, c’est une date assez consensuelle dans la littérature sur les changements climatiques. D’autres scientifiques pourraient dire 2030 pour ne pas attendre. 2050, c’est une sorte de date butoir. On dit qu’il faudra arriver nécessairement à un résultat à cette date. C’est donc le moment de vérité. Soit on arrivera à une réduction des émissions de gaz à effet de serre que la terre peut absorber soit on y arrive pas et en ce moment l’avenir est alors sombre.

Donc là, vous engagez les générations présentes à préserver l’avenir des générations futures. Quelles sont les vraies solutions que vous proposez ?

Noé envisage deux types de solutions. Il y a des solutions politiques comme des instruments de marché qui peuvent être mis en œuvre par des décisions politiques. Des solutions techniques, donc relevant des technologies qui peuvent permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Concernant les instruments de marché, nous nous intéressons à trois types de solutions particulièrement.  D’abord ceux qu’on appelle les systèmes d’échanges de droits d’émissions entre pays ou entre entreprises où on fixe des quotas, des quantités d’émission à atteindre. Ces quotas diminuent au fil des années et les entreprises ou les pays ont la possibilité de s’échanger ces quotas. Ceux qui vont émettre moins  que leur quota pourront vendre à ceux qui auront émis plus que leur quota pour  que tout le monde se trouve en conformité. Ce sont donc des solutions de marché qui laissent ce dernier libre. On fixe la quantité mais c’est le marché qui va fixer les prix en fonction du comportement des entreprises. Une autre solution est la taxation des émissions de Co2, de l’énergie etc. Cette solution ne fixe pas la quantité mais fixe un prix et fait augmenter le prix. Comme nous l’avons dit plus haut, dans l’histoire en 1974, c’est le seul moment où la consommation de pétrole a diminué suite au triplement des prix par l’OPEP. Donc la dimension prix est très importante par rapport à la quantité qu’on va émettre de CO2. La troisième solution de marché à laquelle on s’intéresse c’est le mécanisme de développement propre CDM en anglais clean development mechanism. C’est un projet qui permet par exemple aux pays du Nord peuvent cofinancer des émissions dans les pays du Sud et en contre partie recevoir des certificats de réduction qu’ils peuvent faire prévaloir pour leurs objectifs propres.   

N’y –a- t – il pas des effets pervers concernant les solutions que vous proposez par exemple au niveau des quotas, on parle souvent de business ?

C’est clair qu’il du business mais notre monde d’aujourd’hui est dominé par les affaires. Cependant si l’on veut que notre monde fasse face à ce défi colossal pour l’Humanité qui est de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, on ne peut pas faire de révolution avant d’y arriver. Il faut tout de suite commencer en intégrant le monde tel qu’il est. Nous sommes partisans de soutenir notamment des instruments de marché qui font que qu’il y ait  de business qui peuvent se développer pour les personnes qui font plus d’efforts en direction des solutions qui sont peu dommageables pour l’effet de serre.

Le problème c’est qu’il y a des industriels qui créent des entreprises uniquement pour vendre des quotas. N’est ce pas?

Il y a effectivement des effets pervers. Notre monde est extrêmement compliqué et quand on laisse le marché faire son travail, on arrive parfois à des surprises. Un bon exemple est les CDM, ce mécanisme de projet qui a été mis en œuvre dans le Protocole de Kyoto. Il avait pour but d’essayer de faire cofinancer par des entreprises du Nord des projets de réduction au Sud. On s’imaginait qu’on allait mis en place ce mécanisme qu’on allait développer des énergies renouvelables dans le Sud pour faire en sorte que ces pays se accèdent au développent en passant directement par un développement technologique propre sans passer par le charbon le pétrole etc comme ont eu à le faire les occidentaux.  On s’imaginait qu’on allait construire des champs éoliens, des projets de biomasse, des projets renouvelables. Or qu’est – ce –qui s’est passé ? Des industriels ont remarqué des niches qui étaient beaucoup plus rentables que ces projets d’énergie renouvelable. C’est l’exemple des projets HFC23 qui est un sous produit créé lorsqu’on produit un réfrigérant qui est très utilisé aujourd’hui. Ce sous  –  produit est très dommageable pour l’effet de serre et si on le détruit on gagne beaucoup de certificats de réduction d’émission. Et c’est très rentable car cela coûte très peu cher pour le détruire. Donc c’est tellement rentable qu’il est plus intéressant de construire une usine rien que pour pouvoir détruire la pollution qu’elle génère et empocher des certificats plutôt que de s’intéresser au réfrigérant de base qui est vendu. Il est vrai qu’il y a des gens qui ont projeté de construire ces usines rien que pour obtenir ces droits de réduction d’émission en détruisant la pollution qu’ils génèrent. C’est effectivement un parmi d’autres effets pervers qu’il faudra limiter mais le mécanisme en soi a aussi son intérêt.

Vous parlez aussi d’une carte de crédit environnementale. A quoi cela consiste ?

En fait c’est un projet qui existe en Angleterre et l’idée c’est de fixer un quota individuel dégressif par année. Chaque individu serait muni d’une carte de crédit avec la quantité de quotas qui lui reste. Et à chaque fois qu’il fait une dépense par exemple il va prendre un billet d’avion, il va devoir céder la quantité de droit d’émission correspondant à cette dépense. Et les individus qui ne vont pas épuiser tout leur quota peuvent vendre  des quotas supplémentaires dont ils n’ont pas besoin aux autres qui vont dépenser plus parce qu’ils ont un comportement qui exigent d’émettre beaucoup de CO2. Et les personnes qui ne peuvent pas à la fin de l’année faire valoir tout leur quota, auraient des pénalités.

On est tenté de vous demander s’il n’y a pas aussi de faux prophètes de l’environnement ? Il y a évidemment beaucoup d’idéologie dans le domaine environnement mais aussi comme vous dites de faux prophètes qui s’emballent dans de fausses illusions. C’est ce fameux exemple du moteur à eau. C’est une vieille rumeur que des gens répètent, galvaudent et se racontent les uns aux autres. En effet, ce moteur est présenté comme un combustible magique qui ne polluerait pas et qui permettrait aux voitures ou aux avions d’avancer. En fait, je crois que cette rumeur fausse provient du fait et c’est vrai qu’on sait faire des moteurs à hydrogène. Ces moteurs ne polluent pas du tout au moment où on emploie l’hydrogène dans un avion ou dans une voiture. Ils produisent quelques vapeurs d’eau  mais l’information qui manque aux gens qui croient à ça, c’est que l’hydrogène, pour sa fabrication demande selon comment il est fabriqué par exemple de l’électricité nucléaire qui est polluante. Si vous le fabriquez avec du steam – reforming (ce qui se fait beaucoup aux Etats – Unis) ce qui demande beaucoup de charbon de pétrole ou de gaz et ensuite ce procédé ne résout pas le problème car vous employez la vapeur pour isoler l’hydrogène du carbone dans du méthane. Il se trouve que ce méthane est lui – même épuisable. Une fois de plus, c’est là une technique qui est chère et polluante. Penser donc qu’on peut faire marcher sa voiture avec de l’hydrogène sans polluer est donc malheureusement une idée qui n’est pas vraie. Chaque fabriquant essaie de favoriser sa solution. Il faut voir le problème dans son ensemble pour déceler les fausses solutions. 

Par EL hadji Gorgui Wade NDOYE