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UN HOMME A L ELYSEE: UNE TRADITION QUI SE REPETE.

Par Désiré Atangana Onambélé
Email: donambele@yahoo.com
Email : atangana.onambele@yahoo.com

Yaoundé-Cameroun - L'élection présidentielle française a été suivie avec intérêt par beaucoup d'Africains. Si le choix d'un homme pour diriger les Français est quasi normal pour une République qui en est parfaitement habituée. Il n'en demeure pas moins que le choix de Sarko, constitue une révolution car, c'est le jus soli qui l'aura emporté sur le jus sanguinis. C'est donc un fils d'immigré qui dirige la France.

Vu d’Afrique en général et du Cameroun en particulier, à moins d’être un passionné de la politique française, les 12 candidats retenus par le Conseil Constitutionnel sont peu connus du grand public. Tout de même quelques exceptions tels Jean Marie Le Pen, connu pour ses débordements oratoires et des commentaires jugés en diverses occasions racistes; Marie-Ségolène Royal, connue pour sa naissance dans le golfe de Guinée; et Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, de son nom usuel Nicolas Sarkozy dont la réputation n’est désormais plus à faire, après sa loi très controversée sur l’immigration « choisie » ou « concertée » et sa politique du tout sécuritaire. Les français ont montré en élisant Sarko qu'ils étaient prêts à rompre avec 1500 ans d’histoire et la loi salique ? Telles sont les questions que cet article aborde dans une approche analytique africaine de l’actualité.

Qui peut être candidat ?

En France, il suffit, pour être candidat à la présidentielle de 2007, scrutin uninominal direct à deux tours maximum, de posséder la nationalité française, d’être un électeur, d’avoir 23 ans révolus... et d’obtenir les parrainages de quelque 500 élus. Prévues dans les titre I et II de la Constitution du 4 octobre 1958 qui organise le fonctionnement des institutions de la Cinquième République, ces dispositions, inspirées du modèle britannique et de son Premier Ministre fort, visaient à affirmer le Président de la République française comme autorité suprême dotée d’un exécutif fort pour sortir de la crise de la guerre d'Algérie.

Reste donc la grande interrogation sur l’origine des trois candidats favoris des sondages d’opinion qui se sont précipités et accumulés en modifiant et parfois bouleversant les intentions de vote:  Marie-Ségolène Royal, candidate du Parti Socialiste (PS), Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, candidat de l’Union pour un Mouvement Populaire(UMP), et François René Jean Lucien Bayrou, candidat de L'Union pour la Démocratie Française (UDF). Aussi, en prêtant attention aux premiers éléments de ces multiples sondages, seuls ces trois candidats seront-ils les personnalités maîtresses de cet exposé non exhaustif. A tous égards, il s’agit de s’intéresser à la présidentielle française en l’intégrant dans le village africain, c’est-à-dire, en prenant cette élection telle qu’elle est perçue, à Yaoundé, au Cameroun, par un Bene de la branche aînée Mvog Belinga, ayant étudié et vécu en France. Il faut donc sortir ce fait de société de ses rivages et quitter ce pomerium.

Contours et enjeux de cette élection ?

Dans cette perspective, derrière l’activisme remarqué de Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa avec sa « rupture tranquille », l’annonce d’un « vrai changement » de Marie-Ségolène Royal , et le « gouvernement du centre » de François René Jean Lucien Bayrou, qui sont ces trois prétendants à la location de l’Elysée ?

C’est précisément là que la France bouge et que certains de ses tabous sont ébranlés.
D’où l’intérêt des africains, en général, confrontés à l’épineuse question de l’immigration et, des camerounais, en particulier, conscientisés et apaisés, ou, à contrario, instrumentalisés et parfois même, ethno fascisés par le sulfureux débat entre les autochtones et les allogènes afin de définir un modus vivendi à l’intérieur du triangle national. On peut en disputer doctement à l’infini. Pourtant ces deux termes que les camerounais et les africains, du Cap au Caire, réfutent ou manipulent à des fins économico-politiciennes, sont couramment usités en France sous les notion de "français de souche" et "français issu de l'immigration". Appelons donc un singe un singe, les gens et les choses par leur nom. En France, est donc considérée comme immigrée une personne née étrangère dans un pays étranger. Si la même personne acquiert la nationalité française, elle reste immigrée au regard des classifications. Ses enfants, en revanche, ne sont plus des immigrés dès lors qu’ils naissent en France.

D’ailleurs, en vérité, la France a toujours eu des immigrés qui se sont ajoutés aux autochtones ou "français de souche" au gré des intérêts supérieurs de ce pays, mais, trop longtemps, les gouvernants ont fragmenté et occulté cette réalité sociopolitique en bétonnant, "ghettoïsant", "racaillisant",  et, enfin, en projetant de "karchériser" ces populations dites à haut risque, au lieu de les intégrer graduellement et les considérer comme englobées dans un ensemble social. Résultat : l'immigration des 50 dernières années a du mal à trouver sa place dans la société française. A tous égards, l’intégration républicaine n'est pas réalisée aujourd’hui, et ce fait de société engendre des luttes, des tensions, des chocs de culture et de religion, et du racisme. Ainsi,  les français d’origine arabe sont toujours des "beurs", ceux d’origine asiatique "chinetoques",  ceux, enfin, d’origine africaine "négros"; comme il y a 50 ans, les immigrés italiens étaient surnommés "ritals", les portugais "portos", les polonais "polack".

Quoi qu’il en soit, le débat autour de l’immigration est un sujet politique majeur qui a et risque encore d’influer sur les récentes campagnes, en général, et, le vote des immigrés, en particulier, car la politique préconisée par Nicolas Sarkozy a été globalement ressentie comme une politique négative à l'égard de l'immigration en général,  et des africains, en particulier. En effet, les français issus de l’immigration n’ont pas retenu la question de l'immigration choisie mais plutôt celle de l'expulsion des sans-papiers et notamment des enfants de sans-papiers.

En tous cas, aucun des trois favoris des sondages,  n’ayant obtenu la nationalité française par une procédure de naturalisation, le droit du sang et du sol vont seuls constituer le socle de notre analyse.

Or, précisément, le jus sanguinis qualifie en droit international et privé la nationalité par filiation, c’est-à-dire, la règle de droit accordant aux enfants la nationalité de leurs parents, par opposition à la nationalité de territoire (jus soli) qui est la règle de droit accordant la nationalité à toute personne physique née sur le territoire national, indépendamment de la nationalité de ses parents. Par exemple, la Suisse, l’Allemagne et le Japon sont des pays où la nationalité est principalement régie par le droit du sang. Par contre, la nationalité française peut être obtenue par l'un ou l'autre de ces droits ou après la naissance par une procédure de naturalisation.

Des origines familiales des trois candidats favoris ?

François René Jean Lucien Bayrou, né à Bordères, petite commune située, entre Pau et Lourdes, dans le département des Pyrénées Atlantiques et la région aquitaine, est un français de souche, c’est-à-dire, né sur le territoire national, dans l’Hexagone, et cette précision est d’une capitale importance parce que pour être élu Président de la France il est fort utile de se souvenir qu’il y a des règles et codes non écrits qui veulent que le chef de l’Etat doit être un français de souche né en Hexagone. Or, précisément, le candidat Bayrou est un béarnais de bonne sève, fils de son terroir et de deux français de souche de l’Hexagone: Calixte Bayrou, cultivateur, et Emma Sarthou, agricultrice et originaire de Serres-Morlaàs, une commune située dans le département des Pyrénées-Atlantiques et la région Aquitaine, Résultat: nationalité par double filiation mais aussi nationalité du territoire.
Cette double légitimité est une donnée supra stratégique pour la conquête et l’exercice du pouvoir en France. Car, lors de précédentes campagnes présidentielles, des candidats nés sur le territoire national, mais hors de l’hexagone, c’est-à-dire dans les Départements d’Outre Mer (DOM) ou les Territoires d’Outre Mer (TOM), n’ont pas pu accomplir le saut qui fait passer du premier au second tour d’une élection présidentielle. En 1981, ce fut le cas de Raymond Barre, né à Saint-Denis (Ile de la Réunion), un Territoire d’Outre Mer. Pourtant, cet économiste de renom fut premier ministre de la France de 1976 à 1981.

Marie-Ségolène Royal, née à Dakar au Sénégal, est une française de souche, fille de deux français de souche: Jacques Royal, un colonel d’artillerie et Hélène Dehaye. Résultat : nationalité par double filiation mais aussi nationalité du territoire car à sa naissance en 1953, le Sénégal était encore une colonie française. Seulement, voilà, cette nationalité du territoire soulève, encore aujourd’hui, le problème très contesté de la nationalité française des millions d’africains et d’asiatiques nés dans des colonies et territoires sous administration française avant les indépendances. En tous cas, après Dakar, Marie-Ségolène Royal va habiter en Martinique pendant trois ans à la suite d'une affectation de son père en 1960. À son retour en métropole à l’age de 10 ans, la famille Royal s'installe dans le village de Chamagne, une commune située dans le département des Vosges, près de Nancy, dans la région Lorraine.

Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, né dans le XVIIe arrondissement de Paris, est un français issu de l’immigration, fils de Pál Sárközy de Nagy-Bocsa, un immigré hongrois, et d’Andrée Mallah, avocate au barreau de Nanterre et fille de Benoît Mallah, un médecin grec de confession juive séfarade, installé à Paris. Résultat : nationalité acquise par la notion de jus soli qui est la règle de droit accordant la nationalité à toute personne physique née sur le territoire national, indépendamment de la nationalité de ses parents. Ainsi, le candidat de l’UMP est légalement un français issu d’une famille de l’aristocratie hongroise, possédant des terres et un château à Alattyán, à 100 km de Budapest. À l'arrivée de l'Armée rouge en 1944, la famille est contrainte à l’exil. Pál Sárközy de Nagy-Bocsa débarque donc à Marseille en 1948 et son nom est alors francisé en Paul Sarközy de Nagy-Bocsa. 

 

L’exceptionnalisme des candidats Royal et Sarközy de Nagy-Bocsa

Il y a donc beaucoup d’hypocrisie à feindre d’ignorer l’exceptionnalisme des candidats Marie Ségolène Royal et Nicolas, Paul, Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa, et à s’étonner de l’intérêt des africains face à cette élection présidentielle française qui crée, aussi, une attente spécifique pour des millions d’hommes et de femmes dans les pays d’Afrique d’expression française. La question n’est donc pas de savoir si, en mai prochain, la France élira une femme ou un homme pour succéder à Jacques René Chirac, successeur du monarque républicain François Mitterrand. La question est de savoir l’usage que l’Afrique d’aujourd’hui peut faire de la prise de l’Elysée par un enfant sorti de son ventre. La question est de savoir si un vrai immigré, pas très français, mais vrai noble de naissance, peut incarner la légitimité monarcho-républicaine, c’est-à-dire héritier des rois de France et à ce titre, intercesseur entre Dieu et les français. Mais oui, les français, que le Général De Gaulle qualifiait jadis de « vaux », fidèles à leurs fièvre et voeux tambourinés et trompetés de changement de roi, doivent cette fois, enfin, sortir de leur enfermement politique et décider que le nouveau ‘’monarque républicain sans sceptre’’ soit la représentation des réalités et diversités nationales, ou la simple reproduction d’un arrangement entre coquins. 

Quoi qu’il en soit, à force d’observer et de connaître les faits politiques en France, on prend conscience de la difficulté pour un français né hors de l’Hexagone de franchir le premier tour ou de s’imposer au finish dans une élection présidentielle. Comment ne pas alors se rappeler la terrible désillusion d’Édouard Balladur, né à Izmir en Turquie, dans une famille originaire du Nakhitchevan, une région autonome du Caucase dans la République d'Azerbaïdjan.

 

Il fut pourtant Premier Ministre de la France du 29 mars 1993 au 11 mai 1995, surfant spectaculairement sur les vagues hautes des sondages d’opinion à quelques semaines du premier tour de l’élection présidentielle de 1995, finalement gagnée par Jacques René Chirac, un digne fils du terroir, face au premier ministre protestant Lionel Jospin (protestants et Elysée pouvant faire l’objet d’une prochaine étude). En outre, comment expliquer l’échec de Dominique Galouzeau de Villepin, actuellement Premier Ministre français depuis le 31 mai 2005, mais, né à Rabat au Maroc, alors encore sous protectorat français, de Xavier de Villepin, sénateur centriste puis UMP, et d'Yvonne Hétier, première conseillère de tribunal administratif. Est-ce pour avoir passé la majeure partie de sa jeunesse (quinze ans) à l’étranger : en Afrique, aux États-Unis d'Amérique, en Amérique latine et spécialement au Venezuela?

Le même constat ou délit de faciès d‘’étranger’’ pourrait être fait en ce qui concerne la prime enfance de Marie Ségolène Royal, passée au Sénégal et en Martinique. Cela, au fond, pourrait nourrir une vision, une filiation et une revendication spécifiquement africanistes voire sénégalaises de cette candidature. En vérité, chez nous autres africains en général et camerounais en particulier, l’enfant né dans un village donné est fils ou fille de ce village. D’ailleurs, en Afrique noire polythéiste (où la dimension du culte des ancêtres et des « génies » est prépondérante et où l’usage des fétiches peut rendre compte de la dimension de l’enfant dans la technique de contrôle de son destin), la terre, le placenta et la parenté sont sacrés. Alors qu'en Occident, au moment d'une naissance, l'attention des parents se porte toute entière sur le nouveau-né, l’africain n'oublie pas ce double du foetus qu'est son placenta. Un traitement spécifique lui est réservé, à savoir qu'il est le plus souvent mis en terre. Ainsi, on peut vérifier dans le village si l’enfant est vivant ou mort, s’il va connaître le succès ou l’échec, à partir de ces placenta et cordon ombilical enterrés, qu’on questionne alors par des rituels.

PENSEZ UN SEUL INSTANT UNE "AFRICAINE" A L'ELYSEE!!!

Seulement, voilà, la France a ses réalités et le goût de la monarchie y reste vivace. En effet, en raison du système de la loi salique, il n’y a jamais eu de reine en France, il y a plutôt eu des régentes et, depuis l’abolition de la monarchie le 22 septembre 1792 et l’élection présidentielle du 10 décembre 1848 qui a consacrée la victoire de Louis Napoléon Bonaparte, il y a des présidents élus gouvernant cependant le pays en monarques républicains absolutistes. Résultat : dans ce pays, ce « vieux pays » de la « vieille Europe » si chers à Dominique de Villepin, ce peuple des Francs dits « saliens » qui a coupé les têtes de son roi et de sa reine, ce peuple qui a depuis choisi d’élire son roi, un empereur sans sceptre, qu’il a toujours voulu, jusqu’ici, flanqué d’une reine, ce bon peuple serait-il, aujourd’hui, disposé à fouler au pied cette incarnation monarchique du pouvoir et ce code de loi salique élaborée à partir du début du IVe siècle en portant Marie Ségolène Royale au pinacle ?

En tous cas, cette approche pragmatique de l’examen des faits politiques français de ce début de siècle nous amène à regarder de plus près l’apparition et l’ascension de celui qui est surnommé « Sarko » par ses partisans comme par ses adversaires et qui pourrait incarner la révolution et la rupture en devenant le premier chef d'Etat français d'origine étrangère.

A cet égard, compte tenu des enjeux et des rapports de forces actuels, le succès de Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa à la présidence en ce mois de mai semblait, en principe, quasi inéluctable. Par conséquent, une telle victoire ébranle bien des tabous et devrait faire palpiter le cœur de tout Hongrois voire tout Grec, car, M. Sarkozy est le premier « étranger » locataire du palais de l’Elysée. D’ailleurs, c’est avec une certaine fierté nationale que la presse nationale hongroise dépeint l’actuel président français comme le '’Prince hongrois du camp gaulliste'’.in fine.

Une élection qui ne pourra que donner un nouvel élan aux relations franco-hongroises, traditionnellement jugées stagnantes et froides depuis le Traité de Trianon en 1920 en Versailles, signant le démantèlement de l'empire austro-hongrois. Certes, Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa ne s’est pas souvent vanté de ses racines hongroise ou grecque: il s’est toujours contenté de faire remarquer que, tout ministre de l’Intérieur qu’il était, il était, aussi, fils d’immigrés. Il n’a pas non plus manifesté beaucoup d’intérêt pour la connaissance de la culture hongroise ou grecque.

Seulement, voilà, pour nous autres africains et camerounais en particulier, cela ne laisse pas indifférent car un fils qui ne manifeste aucun intérêt pour la connaissance de la culture de ses parents et qui, plus grave encore, ne parle pas du tout la langue de ses parents, est source de honte car totalement déraciné et donc coupé de ses bases ancestrales. A cet effet, la sagesse populaire Mvog Belinga en pays Bene au Cameroun souligne fort bien que ‘’chance ou malchance, succès ou échec proviennent de la case familiale, du village et du clan’’.

Pour mémoire, contrairement à tous ses voisins européens, depuis 1500 ans et la loi salique, si les liens avec les monarchies d’Europe furent noués par les femmes, tous les rois de France, tous ses présidents, furent exclusivement français et aucune femme, jamais, n’a régné sur la France ni n’a présidé la France.
Par conséquent, la France est-elle prête? La France non seulement dans ce qu’elle représente mais surtout dans ce qu’elle est vraiment, avec toute son histoire, ses lumières, ses contradictions, et ses passions.  Les français sont-ils prêts à accepter cette alternative, être dirigé par un fils d’immigré ou par une femme, et rompre ainsi pour la première fois, avec 1500 ans d’histoire ? les Français sont-ils prêts à tout changer du tout au tout ? Parmi les 40 millions de Français qui étaient appelés à voter, combien l'étaient - ils vraiment ?
C’est ici que surgit l’énigme François René Jean Lucien Bayrou. En effet, depuis le mois de décembre 2006, ce fils du terroir, ce pyrénéen, ce français de France, ce candidat qui sent bon la France, a émergé de ce parti peu attractif qu'est l'UDF. Il s'en est détaché conformément à la conviction gaullienne, qui veut que le Président de la République ne soit pas un homme de parti. En effet, les "héritiers" du général de Gaulle présentent l'élection présidentielle comme la rencontre d'un homme avec le peuple français, le premier se devant de dépasser les clivages partisans structurant traditionnellement la vie politique française. Sur ce point, les motivations du vote Bayrou invitent à ne pas négliger cette dimension peut être trop vite oubliée par certains.
Ainsi, si les sondages d'opinion ne doivent pas être pris pour argent comptant, ils doivent néanmoins permettre d'anticiper et de prévoir des tendances lourdes ou des changements importants dans le comportement électoral des Français.
Résultat: les dernières semaines ont montré une progression notable des intentions de vote en faveur de François René Jean Lucien Bayrou. C'est incontestable. Oublions donc son programme car cela ne suffit pas à expliquer son succès et regardons plutôt l’homme: ce Béarnais, fils et petit-fils d’agriculteurs, Français depuis toujours, est de très loin celui qui va le plus à la rencontre des Français et de l’histoire de France. Sa personnalité est apparue forgée par ce qui fait les personnages capables de recevoir le mandat d'un peuple : l'expérience de la vie, la sincérité, la réflexion, le souci de l'autre, le souci de l'équilibre.

François René Jean Lucien Bayrou a aussi prouvé son courage, à plusieurs reprises, en dénonçant le vaste mensonge médiatique, en montrant par ses dialogues avec les Français qu'il refusait la démagogie et qu'il ne chercherait pas à aller dans le sens de la pente pour gagner des voix.
in fine Les Français n'ont pas préféré la continuité de François René Jean Lucien Bayrou au regard de 1500 ans d’histoire à la rupture proposée et par Marie Ségolène Royal et par Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa.
En effet, entre rupture et rupture, François René Jean Lucien représente finalement une continuité de sang et de terroir qui a de quoi rassurer beaucoup de Français, peut-être même une majorité, car n’étant ni de droite ni de gauche, ni femme ni immigré, ni dérivant conservateur: François René Jean Lucien Bayrou apparaît donc bien comme un “Chirac bis”, le Jacques René Chirac se posant en sauveur de la France en 2002: adepte du « surtout ne rien faire pour ne fâcher personne ».
Clairement, voila comment François René Jean Lucien Bayrou, au second tour, face à n'importe quel candidat, aurait pu être élu président de la république française!
Le chemin vers l'Élysée reste quand même tortueux et François René Jean Lucien Bayrou a beaucoup à faire pour convaincre une majorité de Français qu'il est le meilleur pour gouverner la France. Son élection aurait pourtant été un bouleversement, tant le pouvoir a été tenu, depuis 30 ans, par des technocrates de droite et de gauche.

En tout état de cause, le béarnais, fils de la France profonde, peut incarner une alternance inédite, réelle et républicaine.

Tout dépend donc dorénavant de la stratégie de campagne de François René Jean Lucien Bayrou, de sa montée en puissance surtout, de sa capacité à s’affirmer comme un leader, et d’incarner la sacro sainte stature du “Président”. Sera-t-il à la hauteur ? strong>Conclusion
Cette élection, et même bien avant qu’il y ait des élections, sous les deux Empires voire sous Charlemagne, et sous la Monarchie, au sommet de l’Etat et de la France s’est toujours trouvé un homme, nous disons bien un homme, qui a toujours incarné la France et le peuple français. Certes avec plus ou moins de succès, plus ou moins de bonheur ou de vérité, avec des exemples récents tels Jacques René Chirac ou François Maurice Adrien Marie Mitterrand dont les fins de règne s’étaient abîmées dans les affaires et la maladie.
Pensez y donc : tous les rois de France, ses deux Empereurs, sans oublier Charlemagne, ses Présidents, même sous une IVème République affaiblie et discréditée par des gouvernements instables, et tous les présidents, depuis Charles de Gaulle sous la Vème, furent ou sont l’incarnation de la France salique. Certes des femmes ont dirigé la France, mais toujours en tant que reine, c’est-à-dire épouse de roi, en tant que régente, voire en tant que maîtresse ou intrigante, mais jamais en tant que “Reine de France”, ni “Présidente”.
Pour nous autres africains, que dire en attendant que les français choisissent le successeur de Jacques René Chirac dont la politique africaine sera revue en ce qui concerne notamment la mise en place d’un nouveau partenariat dans les domaines aussi variés que l’avancée de la démocratie, la lutte contre l’immigration, la lutte contre la pauvreté et la corruption, les investissements, l’aide, les annulations de dettes et l’engagement militaire. Résultat : un vent de nostalgie et d’inquiétude qui souffle dans les palais des leaders du pré carré, redoutant, à tort ou à raison, l’émergence de nouveaux acteurs politiques en France. D'où l'intérêt de nombreux africains dans l’attente d’une métamorphose des liens entre la France et ses anciennes colonies. Seulement, compte tenu du fait que les états – selon les mots du Général De Gaulle -  n'ont pas d'amis, mais des intérêts à défendre, le nouveau mandarin français ne pourra, hélas, modifier les relations entre la France et l'Afrique au détriment des intérêts supérieurs de la France et des bénéfices des multinationales françaises. En clair donc, les beaux discours des trois candidats favoris à l’égard du continent noir ne sont en vérité que ruse et pures rhétoriques tribunitiennes en vue de manipuler les individus, les partis et les masses. Mieux et plus encore, il est quasiment certain qu’au lendemain de cette élection présidentielle, entre la France et l’Afrique, la nouvelle élite professera le pragmatisme et ce sera, realpolitik oblige, le maintien du statu quo avec pour mot d’ordre : business as usual. Et, enfin et surtout, tout ce tintamarre pour des promesses qui, en vérité, de toutes façons, ne seront pas tenues. Heureusement, au plan pratique, encore, il y a Sa Majesté Chirac, ‘’Chirac l’Africain’’, ce roi déjà détrôné qui s’apprête à sillonner le monde et le continent africain, en vieux sage incontournable, pour servir – selon ses propres mots -  la France et l’Afrique autrement.