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Par Amadou Tidiane WONE Ecrivain, Ancien Ministre amadoutidiane.wone@gmail.com

DAKAR - (Sénégal) - Tout porte à croire que l’élection présidentielle du 25 février 2007 marque, à l’échelle de notre pays, la fin d’une époque. Les élections législatives du 03 juin prochain, qui devraient se dérouler en l’absence de plusieurs leaders emblématiques de la scène politique sénégalaise, en raison de leur décision de les boycotter, vont confirmer cet état de fait. Plusieurs personnalités, ayant occupé depuis des décennies le devant de la scène politique, devraient donc tirer leur révérence.

De gré, ou par la force des choses et du temps qui passe. La vie est ainsi faite : les générations se succèdent aux différents paliers de la condition humaine. De l’enfance à la vieillesse, en passant par l’âge adulte, chaque homme et chaque femme (parité oblige !) joue la partition qui lui revient selon le niveau de responsabilité que lui confèrent sa position et ses prédispositions. L’on suit alors une phase ascendante, avec ses travers et ses revers, ses joies et ses peines, jusqu’à l’apogée. Puis vient un déclin inexorable des forces physiques et mentales, avant la fin… Sous une forme ou sous une autre. La sagesse devrait nous guider, et certaines personnalités publiques encore plus, à nous préparer à l’ultime face à face avec le Créateur pour solder les comptes d’une vie d’engagement et de combats. Que personne ne le prenne mal. C’est juste une réalité incontournable qui s’applique à tous, à l’auteur de ces lignes en premier. Le rappeler est un acte de dévotion. Comprenne qui pourra.
Cela dit, la vie continue. De nouvelles générations de leaders vont émerger. Elles vont croquer la vie à pleines dents. Des hommes et des femmes, à la force de l’âge, se prendront pour les « maîtres du monde ». Le temps d’une saison. Jusqu’au premières courbatures qui annoncent le début de la fin. Ainsi de suite, jusqu’à la fin des temps. Sous le regard miséricordieux du Seul Maître de tous les temps.
C’est, sous ce rapport à la vie, que je place les réflexions qui vont suivre, pour partager et communiquer, ma foi inébranlable en un avenir radieux pour le Sénégal et pour l’Afrique !
Cette foi se fonde, essentiellement, sur ma conviction que le développement ne saurait se réduire aux performances économiques ni à une arithmétique de l’avoir. En vérité, le bien-être n’est pas une sensation physique mais spirituelle. Qui ne côtoie, tous les jours sous nos latitudes, des personnes pas riches et même pauvres, mais si heureuses et si épanouies ? L’occident capitaliste nous a insidieusement imposé sa définition quantitative du développement et du bonheur, essentiellement matériel. Dans un monologue assourdissant, il nous a également fait valoir la seule modalité d’accession à la Connaissance qui lui parait pertinente : la Science. Je devrais dire SA science. En conséquence, des aires majeures de civilisations ont vu sacrifier leur art de vivre, et leurs savoirs, à l’autel d’un mimétisme réducteur de l’apport, souvent appauvrissant, de la vision du Monde d’une petite partie de l’Humanité. L’expansion politique, économique et culturelle de l’occident a, au bout du compte, appauvri l’Humain. Contrairement aux ambitions déclarées de sa prétendue « mission civilisatrice » qui légitima tant de barbaries…En fait, cette expansion, et le maintien de l’ordre nouveau qui s’en est suivi, se sont faits essentiellement par le recours à la force, et la légitimation de son usage par une dialectique, rendue nécessaire, d’une confrontation entre forces contraires jusqu’à la soumission, ou la destruction, de l’une par l’autre. C’est pourquoi les livres d’histoires de l’Occident ne rendent compte, essentiellement, que des batailles et des guerres (surtout celles qu’il a remportées !)Une apologie sans fin de la violence au mépris du Droit. C’est la même dialectique qui sous tend la politique politicienne (de colonisés ?) qui a cours sous nos cieux. La violence étant là verbale, avec parfois des retours à la nature première de la violence…
Il est donc largement temps que nous sortions des prêts - à- penser qui inhibent nos intelligences et nous empêchent d’exprimer les autres perceptions du monde possible. Une cinquantaine d’années après l’ère des décolonisations politiques, il nous faut engager le temps de la décolonisation mentale et culturelle de nos élites dirigeantes responsables, au premier chef, des choix stratégiques qui doivent désembourber nos pays et les mettre sur les voies d’un progrès qui se conjugue avec le plein épanouissement spirituel, physique et moral de nos populations. C’est ce nouvel état d’esprit qui sera le socle du patriotisme économique sans lequel nous continuerons à laisser des intérêts étrangers nous recoloniser par le moyen de la privatisation des secteurs clefs de notre économie. A la vérité, c’est dans nos têtes qu’il s’agit d’inverser l’ordre des choses pour conquérir, ici et maintenant, notre liberté d’inventer et de créer le bonheur qu’il nous faut.
C’est sous ce rapport me semble-t- il qu’il faudra envisager, entre autres, l’urgente nécessité de redéfinir les paradigmes de l’action politique et citoyenne. L’on verra alors que, la seule issue pour des forces politiques de s’engager dans la construction du pays ne se réduit pas à un face à face conflictuel entre un pouvoir qui gouverne et une opposition qui s’oppose. Cette approche procède de l’histoire politique et culturelle de l’occident. La droite, la gauche, tout cela, et bien d’autres choses encore qui nous paraissent des vérités bibliques, gagnerait à être revisité avec courage et lucidité, audace et sens du dépassement. Débarrassons nous de ces œillères ! Sortons du cul de sac dans lequel des idéologies surannées nous ont conduit, alors même que leurs auteurs les ont ravalées au rang de curiosités universitaires. Ne soyons plus prisonniers des mots. Regardons, lucidement, notre réalité telle qu’elle est et trouvons des solutions concrètes à nos maux.
Au demeurant, l’élaboration par toutes les forces vives de la nation d’un vrai consensus autour des enjeux fortement prioritaires de l’heure est une modalité à inventer. Son principe trouvera aisément des sources d’inspiration dans notre tréfonds culturel et religieux. Une centaine de partis politiques, pour ne pas dire de partitions politiciennes, pour la construction d’UN pays, c’est beaucoup trop. Tout le monde le dit. Il est vrai que les partis, dits significatifs, se comptent sur les doigts d’une main. Mais il faudra ici, aller plus loin que les partis qui, dans leur totalité, ne sont que la minorité agissante, pour ne pas dire activiste, de notre société. Le consensus dont il est question là, va au-delà d’une entente entre politiciens. Il sollicite l’adhésion de tous les secteurs de la nation. Il suppose l’élaboration d’une plate-forme d’actions stratégiques qui engage toutes les forces vives dans un effort de réforme et de construction sans précédent. Tous et chacun doivent trouver, au moins une raison de s’engager dans la conception et /ou la mise en oeuvre de ce plan d’actions stratégiques. Acteur et /ou bénéficiaire, chaque citoyen devra ressentir l’impact du consensus, en question ici, sur sa vie de tous le jours. Foin des monologues parallèles : il nous faut renouer, à tous les niveaux, les fils d’un dialogue constructif sur les voies et les moyens de construire notre pays pour laisser un legs honorable aux générations futures. Il faut faire un sort aux logorrhées insipides, charriant médisances et ressentiments, qui parasitent nos ondes et noircissent les colonnes de nos journaux. Les hommes de presse ont incontestablement contribué au renforcement de la liberté d’expression en démocratisant la prise de parole. Ils doivent maintenant se donner les moyens d’ordonner le débat, et de l’élever, dans la nouvelle séquence historique qui s’ouvre. Pour le temps qu’il nous reste à vivre ensemble, sur cette planète terre, il y a sûrement mieux à faire que de s’épuiser en confrontations verbales de bas étage. Sur les chantiers inachevés que sont nos petits états, en attente d’une véritable ambition de Grandeur et de Renaissance, il faut moins de verbiage et plus de labeur. Dans la discipline, l’ordre et la rigueur.
Le débat que je pose interpelle donc tous les segments de notre jeune nation. Il revient à chacun de l’alimenter. Il nous faut restaurer les conditions d’un débat d’idées, d’une confrontation saine et féconde de points de vues différents. Ma conviction est qu’il faut aller résolument de l’avant. Ne pas avoir peur de construire l’inédit. Explorer avec nos intelligences, hors des sentiers battus, des voies de progrès pour notre pays dans une Afrique unie et apaisée. Nous convaincre qu’il n’y a rien d’impossible à l’échelle d’un peuple déterminé et solidaire. Dieu, quant à Lui, nous a déjà dit qu’Il ne change les conditions d’existence d’un Peuple que pour peu que celui-ci fasse, sur lui-même, les efforts de remise en cause nécessaires. La balle est définitivement dans notre camp. Serons nous capables de transformer l’essai ?