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Par Pathé MBODJE, Journaliste, sociologue

La timide marche de protestation de la puissante Confédération générale des Travailleurs, en France, le 14 octobre dernier contre la fusion « Gaz de France–Suez » et les perspectives de rachat détourné remet à l'honneur une question de la souveraineté nationale sur laquelle la France s'est voulue sourde depuis 2003 au moins et, subsidiairement, celle de l'Etat - providence. Le phénomène, encore latent, était pourtant perceptible avec les différents échecs enregistrés dans l'Europe en reconstitution, depuis l'Allemagne de Kohl jusqu'aux révolutions en Europe de l'Est : Azerbaïdjan, Ukraine.

Les faits ?

A l'issue des consultations de la fin avril de l'année dernière, le Premier ministre de Sa Gracieuse Majesté s'est retrouvé avec une majorité réduite : l'insécurité dans le monde accentuée par le duo Etats – Unis -Grande Bretagne avec les attentats de juillet 2005 de Londres expliqcueront les difficultés de gouverner pour Tony Blair et sa démission annoncée en septembre dernier pour être remplacé par son ennemi de toujours, le chancelier de l'Echiquier ; Schröder littéralement battu d'abord le 22 mai 2005 puis contraint à une défaite honorable (50-50) et Jean-Pierre Raffarin qui quitte la primature française au bénéfice de Dominique de Villepin au surlendemain de la cuisante défaite au référendum sur la Constitution européenne du 29 mai 2005 ; si le chômage n'existe pratiquement pas en Grande Bretagne, par contre la fin de l'Etat - providence a été fatale à Jacques Chirac régulièrement battu depuis février 2004 aux Cantonales, aux Européennes et au Référendum du 29 mai 2005 et, in fine, par le malaise de populations françaises de la société exclues du développement de l'Hexagone (violences des banlieues, mouvement anti-réification sociale avec une contestation de plus en plus ouverte de l'autorité, etc.). Lula Da Sylva du Brésil qui a pris le relais de l’éminent Cardoso de l'Ecole de l'Amérique latine est aujourd'hui contraint au second tour le premier octobre 2006 lorsqu'il est mis en ballottage ; il s'était voulu sourd aux suppliques des « Sans terre « qui avaient marché en mai 2005 pour demander un Etat plus attentif à leur dénuement proverbial, sans oublier les scandales qui ont secoué son régime ; la Hollande du premier juin 2005, les pouvoirs socialistes en Europe à l'image de l'Espagne, les révolutions en Europe de l'Est (Azerbaïdjan, Ukraine), enfin Schröder battu pour avoir mis fin à l'Etat- providence, dans la réalité pour les efforts économiques énormes consentis lors de la réunification des deux Allemagne en 1990 ; clin d'œil de l'histoire, comme toujours : le chancelier allemand est éclipsé par une Allemande de l'Est qui n'aurait pas été citoyenne sans la réunification.

Le cri de désespoir de populations qui rejettent une Europe libérale, ici, et une Amérique latine de plus en plus tournée à gauche : Venezuela de Hugo Chavez, la Bolivie de Morales qui veut renationaliser tout, le Pérou d'Alan Garcia, sans compter sans doute l'Equateur de Correa, d'ici à la fin novembre, ces cris donc n'ont pas été entendus ; les dysfonctionnement sociaux, révélateurs de malaises sociaux, souvent sont peu payés en retour de la part des gouvernants : le Sénégal alterné en est une preuve avec ces multiples agressions physiques et morales nouvelle formule qui n'augurent rien de bon en direction de février 2007.
Pourtant, les avertissements existent. Au-delà d'une délinquance renouvelée sous des formes et normes nouvelles diverses, certains penseurs se sont évertués, depuis près de dix ans, à jouer les Cassandre sans jamais être écoutés comme de bien entendu, pour respecter la mythologie. Ainsi, certains experts du monde du travail avaient déjà vu venir le danger quand ils appelaient à « remembrer la classe moyenne et éviter les écarts trop grands entre les trop riches et les extrêmement pauvres exclus du développement, pour résoudre cette équation fondamentale d'une pauvreté grandissante qui sévit à l'état endémique et d'un développement qui s'enlise » (1).

Il leur semblait en effet que l'asservissement au cycle sans fin de la production et de la consommation a affaibli les espaces nationaux au profit de la mondialisation : les hommes du pouvoir se retrouvent ainsi comme des gestionnaires (2) pour régler des problèmes, au niveau local, dont la solution semblait pourtant se situer à l'échelle de l'humanité, avec comme principal acteur la société américaine.
Piégée il y a un peu plus de cinquante ans par la France après la bérézina de la cuvette de Dien Bien Phu, la conscience collective américaine ramollie ne parviendra jamais à cicatriser les stigmates du Viêt Nam (3) et de l'angoisse de la disparition du soldat Ryan. D'autant qu'au nom de la doctrine Monröe, l'Amérique n'a pas pu se réadapter à l'évolution politique de l'Amérique latine, comme n'a jamais su tirer profit, bien au contraire, de la chute de l'Ours soviétique pour inciter à un monde plus juste.

La liberté, dit-elle, c'est le choix. Mais, depuis le changement intervenu à l'Est comme dans les zones occupées du Proche et Moyen Orient, au nom de la théorie manichéenne des "Etats voyous" et de celle de "L'Axe du Mal", héritage culturel qui hante le subconscient yankee, une situation politique, économique et sociale pire que celle de naguère a entraîné le rejet du changement né de la dislocation de l'empire soviétique et du règne sans partage de l'Aigle Us. A gauche comme à droite (notion désormais sans valeur), d'Est en Ouest, du Nord au Sud, un "Moi" surdimensionné reprend le dessus dans nos relations avec l'Autre, et essaie de vivre d'autre chose que de la fatuité d'un drapeau sans valeur ni signification. Le ridicule combat du Don Quichotte américain en croisade contre la religion et le terrorisme ne fait qu'exacerber cette volonté d'indépendance des sociétés.

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Notes de lecture

(1) « Pour une dimension sociale de la mondialisation », document de la Fédération internationale des Employés et Travailleurs (FIET), 1995.
(2) Guy Roustang : « Ramener le travail à sa juste valeur ». Travail, magazine de l'organisation internationale du travail, décembre 1995.
(3) Dans une entrevue à la chaîne de télévision américaine ABC, Bush fils faisait pour la première fois un rapprochement direct entre la situation en Irak et la débâcle au Viêt-Nam, en 68, avec l'offensive du Têt