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Depuis plus de quinze ans, Human Rights Watch (HRW) se bat aux côtés des « victimes » du Président Habré pour obtenir une justice à laquelle ils ont un droit absolu. Reed Brody, cet américain d’origine juive appelé le « traqueur des dictateurs » a fait du jugement de Habré désigné comme le « Pinochet africain » un cheval de bataille. De source digne de foi, on apprend que M. Brody a renoncé à un poste auprès des Nations – Unies car il a fait du procès de Habré la priorité de ses priorités. Beaucoup des victimes déclarées « nous ont quitté ces dernières années, notamment deux des victimes qui avaient déposé la plainte initiale au Sénégal en 2000 » assène le conseiller de HRW qui refuse de céder au pessimisme : « plus les poursuites contre Hissène Habré sont retardées et plus le nombre de ces victimes encore en vie à l’ouverture de son procès sera réduit, ce qui constitue une injustice supplémentaire inadmissible ».

HRW avait fait du jugement de Habré un cheval de bataille. Aujourd'hui comme vous l'annonciez vous - mêmes, M . HABRE sera jugé. Comment accueillez-vous la décision du Sénégal?

La décision du Président Wade de juger Hissène Habré honore le Sénégal  et  représente un tournant décisif dans cette longue campagne visant à  le  traduire en justice. Si ce jugement est juste et transparent, il constituera un précédent historique dans la lutte pour juger les responsables des pires atrocités.   Mais beaucoup reste à faire, et le Sénégal  agit lentement. Il paraît déterminant que le procès puisse maintenant se dérouler, comme l’a souhaité le président de la Commission de l’Union africaine,  Alpha Oumar Konaré, « dans les meilleurs délais ». Les victimes de Hissène Habré se battent depuis plus de quinze ans pour obtenir une justice à laquelle ils ont un droit absolu. Beaucoup de ces victimes nous ont quitté ces dernières années, notamment deux des victimes qui avaient déposé la plainte initiale au Sénégal en 2000. Plus les poursuites contre Hissène Habré sont retardées et plus le nombre de ces victimes encore en vie à l’ouverture de son procès sera réduit, ce qui constitue une injustice supplémentaire inadmissible.

Pensez - vous techniquement que le Sénégal a les moyens de faire face à ce jugement ?

Le Sénégal devra désormais faire face à la tâche complexe et coûteuse d’enquêter et de poursuivre des crimes commis massivement il y a plusieurs années et dans un autre pays. Le Sénégal n’est pas le premier pays qui doit faire face aux difficultés d’une telle procédure. Des pays comme Israël dès les années soixante avec le procès Eichmann, puis depuis, l’Angleterre, les Pays Bas, le Danemark, la Norvège, l’Espagne ou la Belgique pour ne citer que certains d’entre eux ont dû faire face à ce challenge qui est de juger un étranger sur son sol pour des crimes graves de droit international commis contre des étrangers à l’étranger. Mais le Sénégal est le premier pays en voie de développement à relever un tel défi.  Si le Sénégal fait un geste qui atteste de sa volonté à ce que justice soit rendue, la communauté internationale ne peut pas rester silencieuse et doit accorder son aide. Nous avons identifié quelques gouvernements et institutions qui pourraient être susceptibles de soutenir le Sénégal. Toutefois, l’obtention de cette aide nécessiterait la présentation par le gouvernement du Sénégal d’un plan pour l’organisation du procès, y compris un projet de budget. Et surtout des gages de bonne volonté politique, comme l’adoption des lois permettant le jugement, ce qui n’a pas encore été fait.

Avez - vous confiance au Groupe qui a été constitué pour préparer le procès?

Le groupe chargé de préparer le procès est présidé par El Hadji Malick Sow, magistrat, coordonnateur du Comité Sénégalais des Droits de l'Homme, que j’ai rencontré à plusieurs reprises et qui jouit d’une très bonne réputation et comprend des experts comme Me El Hadji Guissé qui a longtemps siégé a la Sous-commission des DH de l’ONU. Donc je suis optimiste qu’il sache faire face aux défis.    

Allez - vous toujours soutenir les accusateurs de Habré?

Depuis sept ans, Human Rights Watch poursuit ses efforts aux côtés des victimes des exactions du régime de Hissène Habré en vue de le faire traduire en justice. Notre objectif est qu’il y ait un procès exemplaire et que justice soit faite.

Le Sénégal va vers des élections législatives et présidentielle. Ne pensez - vous pas que cela risquerait de retarder le fonctionnement de la Commission qui devra préparer le procès Habré?

En effet. Le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi qui permettrait de faire juger Habré. Bien que nous n’ayons pas de copie de ce texte, il semble que cette loi constitue une étape dans la bonne direction. Néanmoins, pour avoir un effet, cette loi doit encore être adoptée par l’Assemblée nationale. Mais l’Assemblée termine sa session en ce moment et ne reprendra vraisemblablement ses travaux qu’en avril prochain, après les élections présidentielles et législatives. Donc, si la loi n’est pas adoptée maintenant, nous aurons encore perdu cinq mois !

Au cas où l'actuel Gouvernement ne serait pas réélu, n'aurez vous pas  peur le nouveau ne fasse marche arrière. Par exemple les socialistes qui avaient donné l'asile au Président Habré?
 Non, je me permets de vous rappeler que c’est sous la Présidence d’Abdou Diouf que Hissène Habré avait été inculpé en 2000 pour complicité de crimes contre l'humanité, actes de torture et de barbarie. De toute façon, il faut absolument éviter de politiser les poursuites pénales contre Hissène Habré. Le Sénégal a des obligations en vertu du droit international et l’Union Africaine a donné mandat au Sénégal de poursuivre Habré. N’importe quel président élu aura le devoir de continuer cette affaire et de faire en sorte que justice soit rendue aux victimes. La politique ne doit pas entrer en jeu.  

Qu’en est-il de l’Union africaine ?

 L’Union Africaine a fait un travail remarquable et il faut maintenant veiller à ce qu’elle donne suite à sa décision de Banjul prise il y a maintenant presque 6 mois. A ce sujet, il faut dès maintenant souligner que l’Union africaine, bien qu’ayant donné « mandat au Président de l’Union, en concertation avec le président de la Commission d’apporter au Sénégal l’assistance nécessaire pour le bon déroulement et le bon aboutissement du procès », n’a encore pris aucune initiative pour soutenir le Sénégal. Avec une quinzaine d’autres ONGs, nous avons écrit au Président Konaré pour lui dire qu’il est absolument nécessaire que l’Union africaine nomme un envoyé spécial pour suivre les démarches entreprises par le Sénégal pour instruire le dossier Habré dans le but d’un éventuel procès.

Une interview réalisée par EL HADJI GORGUI WADE NDOYE