Compte Utilisateur

Audios



Souscription

Le groupe

Directeur de publication
· Elh Gorgui W NDOYE

Rédacteur en chef
· Elh Gorgui W NDOYE

Comité de Rédaction
· El hadji DIOUF
· Papa Djadji Guèye
· Responsable Informatique
·
Alassane DIOP

Responsable Gestion
· Cécile QUAN

Webmaster
· REDACTION

Contact

Adresse
   Salle de Presse
   N0 1 Box 35
   8, Avenue de la
   Paix Palais des Nations Unies
   1211- Genève 10 Genève Suisse.
Téléphones

   +41 22 917 37 89
   +41 76 446 86 04

Service

Publicités, Abonnements et Souscriptions

Téléphone
· Suisse:
   +41(22)917 37-89
   +41(76)203 61-62

Ou envoyez un courriel à Info@ContinentPremier.com


TUNIS- ( Envoyé Spécial) 2030, Tunis sera comme Londres! Dans une approche prospective, la Tunisie de Ben Ali a défini une vision pour l'avenir du pays. L'objectif clairement défini est d'atteindre les pays de l'OCDE. Il faudra pour cela, trois décennies. En 2016, 60% de l'objectif sera atteint. Aujourd'hui le pays est à 28%. A ce rythme, le pays atteindra en 2030, le niveau de développement des pays de l'OCDE. Le gouvernement tunisien est ambitieux. Sa vision est de rattraper le Nord, à en croire l’ancien ministre de la justice, M. Sadok Chaabane, l’actuel directeur du Think Tank du Président Ben Ali. Le slogan est clair: "la convergence avec les pays avancés." M. Chaabane, a estimé que "ceux qu'il faut suivre, ce sont les pays développés". Son Institut qui dépend directement de la Présidence, étudie les moyens de parvenir à cette convergence. Le pays enregistre un taux de croissance économique de 6,5 %. La Démocratie a ses propres caractéristiques et aussi dépend d'aspects extérieurs. " Pour le Président Ben Ali, la pluralité, la participation d'un plus grand nombre de partis à la gestion de la chose publique est un caractéristique essentiel de la démocratie." a estimé le Conseiller. La santé économique naturellement constitue un indicateur de bonne gouvernance.

Le Forum de Davos a classé la Tunisie dans son rapport 2006 au 33ème rang mondial en matière de concurrence et de compétitivité. "Quand le climat social et politique est stable, le cadre économique favorable, le développement est possible" souligne M. Chaabane. En effet, la croissance globale dépend beaucoup des facteurs économiques et politiques.

2030: Une vision pour rattraper le Nord

Le Président Habib Bourguiba avait ouvert le pays à la modernité en s'inspirant du modèle de l'Occident adapté aux réalités tunisiennes. Ses choix étaient clairs. Son successeur, Zin El Abidin Ben Ali, veut quant à lui aller plus loin, son approche, c'est d'atteindre les pays de l'OCDE. Etre au même niveau de développement que les pays occidentaux et jouer un rôle moteur au sein du Maghreb arabe.

Dans une approche prospective, la Tunisie de Ben Ali a défini une vision pour l'avenir du pays. L'objectif clairement défini est d'atteindre les pays de l'OCDE. Il faudra pour cela, trois décennies. En 2016, 60% de l'objectif sera atteint. Aujourd'hui le pays est à 28%. A ce rythme, le pays atteindra en 2030, le niveau de développement des pays de l'OCDE.

Certes des hésitations ont été notées dans l'application de la vision du Président. Son conseiller se veut très pragmatique: « Nous avons reconsidéré le système socialiste en adoptant des normes, des standards inspirés par l'Occident pour construire notre développement avec des indicateurs structurels. Nous présentons au président les moyens de l'OCDE tout en lui exposant nos réalités. Sur cette base, il donne l'orientation à suivre».

Défis

Les défis sont pourtant nombreux qui se dressent devant l'ambition tunisienne.
Il faudra que le pays se positionne sur le plan technologique, développe son éducation nationale et l'enseignement. Développer les compétences par une innovation de l'enseignement supérieur. En effet, 37% des jeunes sortent de l'enseignement supérieur. Selon les projections, les 19 à 24 ans, représenteront 50 % des jeunes inscrits à l'Université et la moitié sera constituée des jeunes filles. Dans les pays de l'OCDE, ce taux est de 47%.
L'enseignement supérieur compte 1000 filières et spécialités. Le pays a adopté le système LMD ( Licence, maturité, doctorat). Des incubateurs d'entreprises sont créés, l'Etat a établi une politique de financement des diplômés et s'attelle à une meilleure amélioration de l'activité économique.

Il s'agira aussi parmi les défis de préserver le processus démocratique. Pour M. Sadok, c'est l'évolution économique qui permettra d'assurer la stabilité.

Il y a donc une dialectique entre la démocratie et l'économie. La démocratie se nourrit de la stabilité économique, plus aussi que la démocratie s'ancre, mieux l'économie évolue. D'où une nécessaire surveillance à préserver l'équilibre.

Le Présidant Ben Ali interpelle les ministres pour voir les progrès accomplis. Une démarche pragmatique qui permet de respecter les promesses faites au peuple.

La démocratie pluraliste impose aussi une compétition basée sur un débat programmatique entre les différents partis politiques.

« Nous avions, se désole M. Chaabane , des partis uniquement idéologiques, communistes ou nationalistes. Des partis dont le programme se résumait à des slogans nationalistes ou islamistes comme le fait de dire que l'Islam a la solution à tout». Il encense son parti, le RCD ( celui du Président Ben Ali), jouit selon lui d'une majorité durable pour prendre des politiques courageuses pour éviter tout recul dans le processus démocratique ou de développement du pays». Pour le Conseiller du Président: « Il faut qu'il y ait un système constitutionnel qui assure la majorité». Ce système appelle aussi à l'existence d'une opposition capable d'élaborer des programmes. Les partis dits extrémistes ont été exclus. Il y a aujourd'hui en Tunisie huit ( 08) partis d'opposition avec celui qui est au pouvoir le RCD, on compte au total neuf (09) partis politiques.

Les chiffres de la démocratie.

En 1994, les élections législatives avaient donné 60.000 voix à l'opposition ( constituée uniquement de 4 partis) Pour la présidentielle, seul Ben Ali s'était présenté.
En 1999, l'opposition engrange 240.000 voix et 19 sièges. La présidentielle oppose cette fois – ci deux candidats. Ben Ali le remporte.
En 2004, l'opposition se fortifie de 500.000 voix sur un nombre total de 3 millions et demi de votants.

Le PNB est passé de 952 dinars en 1986 à 3750 dinars en 2006. L ’espérance de vie a cru passant de 51 ans en 1966 à 73 ans en 2004. De plus en plus de femmes sont des actrices majeures de la vie publique. Elles sont 40% dans l’enseignement universitaire et 48% dans l’enseignement secondaire. En Tunisie 34% des journalistes sont des femmes. Elles représentent par ailleurs 31% des avocats, 72% des pharmaciens, 42% des effectifs dans le secteur médical.

Une démocratie pragmatique en dehors des idéologies.

La base électorale est élargie, de même que le nombre de partis politiques autorisés. Les Verts font leur entrée sur la scène politique. Le Climat social semble s'apaiser. "Les Tunisiens manifestaient chaque 7 novembre pour demander la baisse du prix du pain" nous a t- on révélé à Tunis. Aujourd’hui, c’est de l’histoire ancienne!

Il y a quatre piliers qui garantissent la stabilité du pays: " nous sommes musulmans, arabes, africains et méditerrano – européens." cogite M. Sadok Chaabane.

L’institutionnalisation de l’opposition

La volonté affichée du Président Ben Ali est de construire l’opposition par l’élargissement de la base électorale, l’augmentation du nombre de partis, tout en protégeant la majorité au pouvoir. Le gouvernement du Changement veut ainsi créer un climat favorable pour l’émergence d’une nouvelle opposition qui se situe en dehors des idéologies et consolider la démocratie. Certes, reconnaît M. Sadok, l’idéologie ne disparaît pas, " elle devrait même demeurer parce qu’elle constitue un enrichissement mais a –t- il averti, il faut aussi que tout ne soit pas idéologique." Certains partis politiques se méfient encore du pouvoir. Ils ne veulent pas entrer dans le système démocratique que leur offre le Président Ben Ali. Ces derniers sont taxés d'entretenir des liens avec l’étranger. Le gouvernement déclare qu'il souhaite que l’opposition ne reste pas en dehors du Pouvoir car comme le rappelle M. Sadok, "notre démocratie a besoin d’un consensus." Et de rappeler avec force " Notre islam est un islam spécifique. Nous sommes arabes, musulmans mais notre identité est multiple. Le pouvoir n’hésite pas à financer les partis d’opposition". Une Loi pour le financement des partis existe en ce sens. Ben Ali et son gouvernement sont d'avis que seule " la démocratie va protéger la classe moyenne."

Droits de l’Homme en Tunisie

Nous ne sommes pas fâchés par la question des Droits de l'Homme que vous soulevez. Nous sommes ouverts aux critiques. Notre pays s’inscrit dans une pluralité politique avec un pluralisme de la presse." nous lance M. Sadok. Aujourd’hui, dit - il, il existe une presse d’opposition exemple al wihda, al moustakhbal, ou as sabbah .

En réalité beaucoup de voix d’opposants critiquent le gouvernement. S'y ajoute la voix de certaines ONGs. "Il faut seulement regretter que certaines personnes donnent à l’étranger une image négative de la Tunisie, se désole M. Chaabane. "Elles peuvent nous critiquer mais qu’elles le fassent ici d'autant plus que nous sommes ouverts au dialogue."

La Ligue des Droits de l’Homme

"En 1977, il n y avait qu’un seul parti en Tunisie, c’est dans ce contexte qu’est née la Ligue. En mai 1977, la Ligue s’est transformée en mouvement politique, et a continué sa mouvance dans l’opposition" explique Sadok Chaabane pour rejeter la campagne de dénonciation que mène cette ONG contre la Tunisie à l'étranger. " Les activités de la Ligue sont politisées. Les membres de l’organisation ont continué à utiliser la Ligue comme un tremplin pour faire de la politique. La Ligue n’a pas accompli sa mission en tant qu’institution nationale. Elle a privé l’opposition d’autres voix. La Ligue traverse un conflit interne. Des jeunes l'ont critiquée et lui demandent de revenir à ses principes fondateurs" matèle le Conseiller du Président Ben Ali.

Dans un communiqué publié en juillet 2006, les jeunes avaient déclaré que la Ligue devait rester indépendante des partis politiques. Ils ont réclamé une autonomie et une indépendance de la Ligue. C'est ce qui fait dire à M. Sadok " la Ligue continue à se comporter comme si la Tunisie était toujours sous le régime du parti unique."

Il n’y a pas de prisonniers politiques en Tunisie

"Oui, des prisonniers de droit commun, il y en a. Ne mélangeons pas le droit pénal ou autre avec des procès politiques. On peut critiquer le régime et le faire à partir de la Tunisie."

Chômage

La Tunisie a un taux de chômage qui se situe à 14 %. En 1987, le pays comptait 4.000 diplômés en juin 2006, il en compte 54.000. C’est là, où commencent les problèmes d’insertion. Pourtant le pays lutte contre la fuite des cerveaux. Pour les diplômés, que l’Etat déclare vouloir garder, ils seront en 2014 au nombre de 100.000. En 1999, l’emploi était la priorité du gouvernement. Pour faire face au chômage, le Gouvernement accorde des exonérations fiscales et incite les entreprises à engager des diplômés moyennant le paiement de la moitié des salaires des chômeurs engagés.

Islam et politique

"Oui, pour la religion et non pour les habits qui véhiculent une certaine idéologie. Le hijab, c’est une tenue sectaire qui renvoie à un retour au moyen âge. La force de l’islam, c’est dans la flexibilité, dans la diversité, soutient M. Sadok Chaabane. Nous n’avons pas à importer de la fatwa online. Nous sommes contre ceux qui utilisent les NTICs pour propager un certain islam archaïque. Nous avons une stratégie nationale pour défendre notre islam. Nous sommes fiers de l’islam de la tolérance mais nous nous opposons à une certaine image de l’islam que veulent imposer des partis islamistes financés par l’étranger. Nous avons nos jurisconsultes. Nous avons empêché l’émergence de certains partis et depuis les choses ont beaucoup évolué depuis 1994."

Par El Hadji Gorgui WADE NDOYE