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LE PORTRAIT DU PRÉSIDENT !

Publié le, 30 octobre 2006 par

Par Cheick Oumar KANTE,
cokante@wanadoo.fr

PARIS - Sept mois avant l'élection présidentielle française de 2007, une échéance redoutable depuis un certain 21 avril 2002, il n'est sûrement pas trop tôt - peut-être même est-il déjà un peu tard ! - pour tenter de faire le portrait du futur président face au trop-plein de candidats, libres ou issus des partis traditionnels. Autrement dit, il convient de se poser la seule question qui vaille : qui devrait être ou, plus exactement, qui ne devrait pas être le prochain (ou la prochaine) locataire du Palais de l'Élysée ?

La constitution de la France étant moins pragmatique que celle des États-Unis, -interdisant d'installer un citoyen américain dans le célèbre Bureau Ovale, à plus de deux reprises -, il n'est pas inutile d'affirmer qu'il serait déraisonnable, voire aventureux et dommageable pour la démocratie française que Jacques Chirac brigue un autre mandat. Les sondages pourraient-ils le créditer, à la longue, d'un pourcentage encourageant n'y changerait rien. Pas plus que la dégradation subite de la conjoncture internationale, n'en déplaise aux grands stratèges en géopolitique ! Pis, le président en exercice réussirait-il encore à constituer le dernier rempart contre l'Extrême droite et, pour cette raison, convaincre les Français qu'il devrait rempiler pour la troisième fois, il y aurait des risques sérieux de dévoyer le suffrage universel. Autant jouer à fond les électeurs cyniques et voter, alors, en masse pour le " Parti du Tri Sélectif ", avec la certitude que ce dernier fera tout imploser aussitôt la victoire acquise ! La situation créerait une crise sans précédent entraînant de facto une nouvelle élection.

Toutes les ambitions présidentielles sont légitimes. Seules, quelques-unes d'entre elles - de la part d'hommes ou de femmes en délicatesse récente ou ancienne avec la justice, assoiffés donc de revanche et désireux de faire rendre gorge à des pairs - peuvent ne pas être engageantes du tout. Car, les défis hexagonaux, européens et mondiaux devraient se moquer de la carrière personnelle et des états d'âme de politiciens incurables et a fortiori indélicats. Dans ces circonstances, il est révoltant que " des journalistes d'une certaine nomenklatura ", nullement inquiétés par les " OPA " invasives sur les médias, soient devenus des plumes et des micros armés pour des Instituts de sondages et se contentent de seriner avec un étonnant don d'ubiquité des boniments réduisant le choix des électeurs entre deux prétendants, longtemps avant l'enregistrement de toutes les candidatures.

Puissent lesdits électeurs toujours se rappeler, eux, qu'il va bien s'agir d'élire le président ou la présidente de tous les Français et non pas le chef des frustrations, même de la majorité d'entre eux. Ils vont devoir choisir pour cinq ans une autre Voix de la France, de toute la France, une Voix suffisamment porteuse aussi bien au sein de l'Europe que dans le concert des Nations Unies. D'abord, pour que l'Hexagone ne se prenne pas à la figure, de façon encore plus violente, d'autres " Clemenceau ", d'autres avortons de Jeux Olympiques ni ne voit son drapeau foulé aux pieds ou brûlé par des ressortissants de pays hostiles en forte recrudescence. Pour qu'il renoue ensuite avec la France prospère des Trente Glorieuses, la festive des célébrations du Bicentenaire de la Révolution en 1989 et la victorieuse du Mondial de Football en 1998... Et qu'enfin, sous ses auspices, le processus de rattrapage des écarts entre pays moins avancés et pays développés demeure une préoccupation importante et largement partagée...

UNE FRANCE AIMABLE ET AIMANTE EST PLUS FACILEMENT AIMÉE

Imaginent-ils combien il serait catastrophique pour la Patrie des Droits de l'Homme que son prochain président soit élu pour sa capacité, supposée, à fermer ses frontières à la circulation universelle et pour son manque d'empathie à l'égard des misérables passés à travers les mailles barbelées et électrifiées devant lesquelles les attendent sur le pied de guerre des policiers aux effectifs démultipliés? Et combien il serait horrible pour elle d'afficher sa face la moins généreuse, la moins humaine, la plus agressive, juste pour espérer non sans illusions que les voitures ne brûleront plus dans les banlieues, que les maisons seront mieux gardées et que les personnes âgées seront moins souvent agressées ? Une France aimable et aimante n'est-elle pas plus facilement aimée, enviée, respectée et apaisée, de façon continuelle ?

Qu'ils seraient très mal inspirés, les électeurs, s'ils se donnaient des chefs qui, par leurs gesticulations et prises de décisions psychotiques, leur vaudraient des foudres de l'étranger et des actes de désobéissance civile voire de terrorisme sur leur territoire !

Trop de pays dans le monde ont pensé, à des moments difficiles de leur histoire, devoir voter pour des hommes ou pour des femmes à poigne, censés être inflexibles dans les pires tourmentes. Des États-Unis d'Amérique à la Russie en passant par l'Angleterre, l'Iran, Israël et la Palestine, il est vite apparu que lesdits chefs, par leur psychorigidité à toute épreuve, ont plutôt exacerbé les problèmes nationaux et fait courir à leur zone géographique voire au monde entier de grands risques de conflagration. Soigner le mal par le mal est une thérapeutique suicidaire en politique.

Permettre l'accession au pouvoir à des femmes ou à des hommes prompts à agiter et à entretenir la méfiance, la haine et l'envie de revanche de certains citoyens contre les autres ? C'est, à coup sûr, installer sous les lambris dorés de la République les plus inaptes à tenir les promesses d'assurer la sécurité de tous, désir passant pour être l'aspiration première des Français et qui se traduirait de surcroît par une volonté de protection hermétique contre l'invasion étrangère et contre la mort : par la nourriture, par la grippe aviaire, par l'amiante, par le tabac, par l'alcool, par le sida...

Ce n'est assurément pas mettre les Français à l'abri de la dérive sociale des continents que de donner les pleins pouvoirs à celles et à ceux qui, sous prétexte de rupture et de bris de tabous, auraient comme programme de toujours dire tout haut ce que tout le monde penserait tout bas : les Anglais seraient des gentlemen perfides, les Japonais des dangereux prédateurs, les Américains des libéraux exemplaires, les Russes des staliniens indécrottables, les Africains des misérables envahisseurs, les Arabes des dangereux islamo-terroristes, les Chinois des voleurs de technologie, les Polonais des vecteurs de dumping social... De la France il ne sera guère possible de faire un sanctuaire en narguant, du haut de son arrogance, le reste du monde !

Laisser la force de frappe nucléaire entre les mains de ceux-là même qui excellent dans l'art d'ajouter de la hargne aux plus beaux compliments qu'ils puissent décerner à autrui et qui ne s'embarrassent, de toute façon, ni de tact ni de diplomatie? C'est faire entrer la France dans la zone des turbulences d'où il sera très dur sinon impossible de la sortir !

LA BONNE TAILLE POUR LE PRÉSIDENT

Confier, en somme, le destin de tous les Français à des hommes politiques qui, sous le prétexte d'améliorer les méthodes de gouvernement, ont pour tous bagages philosophiques, idéologiques, économiques, moraux... les obsessions des citoyens les plus repliés sur eux-mêmes, volontairement sourds, muets et aveugles devant les soubresauts du monde et les menaces de tous ordres qui pèsent sur la planète ? C'est, purement et simplement, organiser le vrai déclin de leur pays!

Faire confiance, pour tout dire, aux receleurs des poubelles de l'histoire à la seule fin d'accommoder mieux un présent chaotique, c'est désespérer des citoyens français - de plus ou moins fraîche date - qui, pour avoir " planqué " en France leurs fortunes : liberté, force de travail, capacité de création et amour, parfois, n'iront sûrement plus chercher asile ailleurs à la survenue d'un danger gravissime pour " la patrie " mais verseront au contraire leur sang sur place pour la défendre.

Mais, ne pas user non plus de son droit (et devoir) de vote ou déposer dans l'urne un bulletin blanc ou couvert de gribouillis pour le faire invalider et se satisfaire ainsi de n'avoir pas eu à choisir entre des candidats que l'on ne juge pas plus recommandables les uns que les autres ? N'est-ce pas aider à profiler et à hisser au sommet le moins bon parmi les présidentiables ?...
Pas facile, vraiment, de brosser le portrait du futur président français !

Il faudrait, d'abord, lui trouver la bonne taille. Parmi les anciens, le souvenir d'au moins un - très grand de corps et d'esprit - est encore vivace. De la France et de tous les Français, ledit grand homme aura bel et bien été, deux fois, le président en refusant toute tentation de jouer les prolongations quand ses concitoyens n'ont plus voulu de lui.

Mémorable aussi a été le héros de la Première Grande Guerre, donateur de son corps à la patrie pendant la Seconde, avec les conséquences ultérieures connues de tous...

Des esprits de grande envergure, dans des corps petits ou moyens, les Français n'ont pas manqué d'en plébisciter quelques-uns. L'un des plus récents, d'une crédulité sans bornes face " aux choses de l'esprit ", a inspiré et continuera d'inspirer longtemps toutes sortes de littératures...

Et, si pour une fois, les Français choisissaient dans " la gent féminine ", le prochain président français ? Beaucoup parmi les trop rares femmes politiques en auraient le profil. Sans doute, les forces d'inertie restent puissantes mais la mentalité du plus grand nombre pourrait évoluer très vite.

Enfin, le (ou la) choisir divorcé (e) ou célibataire, homme vivant avec un homme ou femme avec une femme ? Nul doute qu'une majorité se dégagerait vite pour le (ou la) préférer polygame ou polyandre voire coupable ou victime d'adultère (preuve d'humanité et de proximité avec le peuple, dixit les chroniqueurs mondains !), sans se soucier, par les temps qui courent, du potentiel de chantage possible à l'encontre d'un tel chef d'exécutif. Eu égard à cette sorte d'épée de Damoclès, on ne peut plus affûtée, qui planerait au-dessus de sa tête !...

LE MONDE ENTIER EST SENSIBLE À LA STATURE DU PRÉSIDENT

Quelques considérations générales pour bien fixer les enjeux ?

Plus nombreux se mobiliseront les électeurs au premier tour et moins éparpillés seront les candidats, plus sûrement sera écartée la menace de réitération du 21 avril 2002. Et mieux sera élu le président de tous !

Gauche et Droite ne sont pas pareilles du tout. Encore plus dissemblables sont l'Extrême gauche et l'Extrême droite ! Rester lucides face aux écrans de fumées opaques derrière lesquels d'éminents spécialistes débattent pour convaincre du contraire est un impératif pour tous les électeurs jusqu'en avril et en mai 2007 !...
Négatif, le vote français du 29 mai 2005 contre le projet de texte constitutionnel européen n'a pas été indifférent pour l'Europe des 25. C'est le monde entier qui ne sera pas insensible à la stature du président que se donneront les Français en 2007.

On prétend que les pays et leurs peuples ont toujours les gouvernants qu'ils méritent. Français originaire d'un pays, la Guinée (Conakry), j'ai souvent eu à témoigner que ledit pays, potentiellement riche, beau et pacifique, n'a aucunement mérité les deux autocrates qui, en quarante-huit ans d'indépendance, ont organisé sa faillite.

Il ne manquerait plus que la France, mon pays d'adoption - j'ai, en effet, choisi de réintégrer, depuis bientôt quinze ans, ma nationalité à la naissance - soit, à son tour, dirigé par un quelconque pourfendeur de l'universalisme français, un émule transi des messianistes américains aux initiatives si tragiques dans toutes les régions troublées du monde !...

Normal, après tout, que mes compatriotes de France soient nostalgiques d'un certain ordre et aspirent à une tranquillité individuelle ! Inquiétant, cependant, qu'ils puissent solliciter de lourds artilleurs pour traiter de la délinquance des autres alors qu'ils s'accommodent avec facilité de leurs entorses personnelles, quotidiennes, aux lois communes.

Anormal, en revanche, que mes compatriotes de Guinée soient demeurés aussi longtemps résignés ! Rassurant, néanmoins, qu'ils répugnent à déclencher des guerres civiles dans leur pays.
Et s'il m'est, tous les jours, douloureux d'être guinéo-français ou franco-guinéen, pas un seul instant je n'ai encore désespéré ni des Français ni des Guinéens...

Électeurs français, mes compatriotes, tous les projecteurs de l'actualité vont bientôt être braqués sur nous. Il nous revient de ne pas oublier que rôde à jamais le spectre d'un président de la République, médiocre de corps et d'esprit ou dont l'envergure physique, monumentale, est inversement proportionnelle à l'ouverture d'esprit. Mon souhait le plus ardent est que nous n'ayons pas à regretter, dans quelques mois, de n'y avoir pas pris garde !