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Le prix de l’honneur

Publié le, 09 juin 2006 par

Par Amadou Tidiane WONE, Ecrivain Ancien Ministre
amadoutidiane.wone@gmail.com

Qui ne sent dans sa chair et dans son cœur une douleur lancinante au vu du spectacle, devenu quotidien et de plus en plus insoutenable, des embarcations du désespoir arraisonnées ici et là, aux abords des côtes occidentales ? Notre jeunesse, attirée par le mirage de l’occident, fascinée par sa culture dominante, cherche à tous prix à rallier l’eldorado supposé, objet de fantasmes entretenus par des immigrés qui affichent à leur retour une réussite matérielle dont ils se gardent bien de dévoiler le véritable prix. Ajoutons à cela une apologie de la civilisation du loisir et du plaisir des sens, diffusée à longueur de journée par des médias peu regardant sur les conséquences incalculables de cet étalage de luxe et de luxure sur l’imaginaire des pauvres.

La mondialisation c’est aussi cela : transformer les démunis en spectateurs du banquet des riches. Retourner le couteau dans la plaie par l’adoption de lois discriminatoires qui tendent à sélectionner ceux dont leurs pays d’origine a tant besoin pour se construire. Pousser le cynisme jusqu’à parer du manteau de la vertu l’ignominie qui tend à limiter le droit d’aller et de venir sur cette planète terre à certaines nationalités à la peau généralement sombre.

Tel semble être, hélas, le mot d’ordre tacite des gouvernements occidentaux. Il faut pourtant leur rappeler que les frêles esquifs qui vont à l’assaut des côtes européennes ne sont qu’une réplique, peu glorieuse certes, des caravelles qui il y a plusieurs centaines d’années abordèrent, sans visas ni invitation, la terre africaine pour réduire ses enfants à l’esclavage et organiser le pillage éhonté de son sol et de son sous-sol, encore aujourd’hui, sous diverses formes.

Allons nous continuer à laisser indéfiniment insulter notre honneur et nos intelligences ? A l’approche de chaque campagne électorale française l’immigration devient le thème le plus porteur pour titiller le sentiment national en vue de racoler les votes extrêmes, sans dire aux électeurs ce que la prospérité et la liberté dont ils jouissent doivent à l’Afrique et à ses enfants. Il est temps que cela cesse ! La classe politique africaine, et pour ce qui nous concerne sénégalaise, est interpellée au premier chef.

S’il y a un sujet sur lequel un consensus fort, national et même continental, peut et doit se construire c’est bien celui-là. Il serait irresponsable, pour les uns et les autres, de se défausser en réduisant la problématique de l’immigration, dite sauvage, à des stratégies de règlements de comptes politiciens. Face à ce qui révèle la face hideuse de la mondialisation, l’Afrique doit prendre la pleine mesure des véritables enjeux de la bataille qu’il faut mener pour dénoncer les lois sur l’immigration adoptées en France et dans la plupart des pays occidentaux. Car, si le but est de contenir la déferlante de jeunes gens dont l’avenir professionnel chez eux est obstrué par une mondialisation qui casse nos filières agricoles, c’est peine perdue.

C’est là s’attaquer aux effets, et non aux véritables causes, de la misère organisée d’un continent dont l’avenir est compromis par des politiques économiques qui la confinent dans des ambitions étriquées à la mesure du concept révélateur de « lutte contre la pauvreté. » Il faut dire sans ambages que la bataille contre l’immigration sauvage ne se gagnera pas par la fermeture des frontières des pays occidentaux, avec tout ce que cette volonté a de discutable au plan moral et humain. La lutte contre l’immigration peut et doit se gagner chez nous ! Comment ? Par la reconquête véritable de notre indépendance politique et économique. Par la définition et la poursuite d’une vraie ambition de développement.

Par la mobilisation de toutes nos énergies autour d’une vision du progrès qui nous ressemble et nous rassemble. Cela passera inéluctablement par la décolonisation mentale de nos élites politiques. Après plusieurs siècles d’expérimentation forcée de l’itinéraire politique, économique et culturel de l’occident, le temps est venu de nous arrêter, de relire l’Histoire humaine et de nous convaincre, enfin, que nous sommes les dindons d’une mauvaise farce ! Au fait, qui a donné à l’Occident le droit d’ordonner autour de sa Civilisation et de lier à ses intérêts égoïstes le sort de l’ensemble de l’Humanité ? On nous gave de paroles vertueuses sur les droits de l’Homme, on prétend même être le sanctuaire des droits humains ! Depuis quand et à quel prix ? Au prix du ravalement d’une autre partie de l’Humanité au rang de bétail par la terreur et la violence. La course effrénée aux armements les plus sophistiqués, pour tenir sous la menace permanente d’une destruction massive tous ceux qui sont « différents », en atteste largement.

Ce qui est affligeant, c’est que les puissances colonisatrices d’hier n’ont même plus besoin de se salir les mains pour dépecer le continent et le livrer aux charognes. Leurs bras armés à cols blancs s’en chargent, je veux nommer les multinationales, sans foi ni loi, qui continuent de forer du pétrole et d’exporter du diamant dans des pays en guerre. Et ce, avec la complicité agissante d’élites locales compromises qui trahissent au quotidien les intérêts fondamentaux de leurs peuples. Ne voilà t-il pas qu’il est devenu de mode, dans certains milieux, d’envoyer son épouse accoucher en France ou aux Etats-Unis pour faire du futur héritier le citoyen d’une grande puissance ? Le pauvre chéri n’aura pas à subir les queues infamantes qui s’allongent devant les consulats des pays riches en quête du fameux sésame : le visa. Fermons la parenthèse !

Au demeurant en Afrique, et comme par hasard, c’est toujours loin des exploitations minières que les autochtones s’entretuent. Par la faute de leaders peu clairvoyants, souvent manipulés ou tout simplement assoiffés de gains et de pouvoir, les populations se retrouvent prises sous plusieurs feux. Réduites à l’errance dans leur propre pays, elles deviennent les cibles préférées des agences de presse qui transmettent les images de leur malheur sur tous les écrans de télévision du Monde. Alors déferlent des ONG et autres œuvres caritatives pour saupoudrer des aides qui donnent bonne conscience aux âmes charitables du nord mais dont les montants sont hors de proportions de ce qu’il faudrait pour véritablement éradiquer les maladies et les guerres qui minent le continent africain. Il est temps de mettre fin à cette hypocrisie généralisée. Il est temps que les africains reprennent leur destin en mains. Pour cela il va falloir surmonter les divergences factices charriées par un verbiage d’une autre époque. La faillite des idéologies importées est une démonstration de plus de l’urgente nécessité « de penser par nous-mêmes et pour nous-mêmes » aurait dit le vieux sérère…

En vérité, il est temps pour l’Afrique de changer d’itinéraire. C’est sur le Continent que se gagnera la respectabilité pour les immigrés. Un citoyen américain ou japonais n’a aucun problème pour obtenir un visa pour se rendre où bon lui semble. Son pays est respecté, parce que riche et fort. Si l’on veut que les immigrés soient respectables, c’est chez nous qu’il faut régler le problème. Alors, on ne les appellera plus immigrés, mais touristes. Il faut se décider à se donner l’objectif que, dans vingt ans, c’est devant les consulats des pays africains que défileront les queues des demandeurs de visas pour venir chercher du travail dans un continent en plein essor. Tout le reste n’est que fuite en arrière. Cela est possible si nous le voulons, tous, ensemble. Les pays émergents d’Asie ont changé de trajectoire sous nos yeux en moins de trente ans. Nous devons et pouvons faire mieux ! A la seule condition de regarder la réalité en face et d’arrêter le cirque des despotes aux ampoules grillées qui obstruent l’horizon de nos ambitions. C’est le seul combat qui vaille et qu’il nous faut engager, ici et maintenant ! Pour le prix de l’honneur de notre continent et de notre race.


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