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 Intelligences Info reçoit le Directeur de ContinentPremier, initiateur du Gingembre Littéraire.
 

El Hadj Gorgui WadeNdoye, journaliste, directeur du magazine panafricain ContinentPremier

« Réfléchir sur comment vivre ensemble, malgré nos différences, est un acte d’hygiène intellectuelle et de salubrité publique »

Il est le seul journaliste ouest africain accrédité auprès des Nations-Unies, à Genève, le directeur du magazine panafricain ContinentPremier et le correspondant permanent du « Soleil » de Dakar. M. El Hadji Gorgui Wade Ndoye se confie à « Intelligences » pour dévoiler le sens de ses combats pour une meilleure image d’une Afrique à laquelle on doit rendre justice, que l’on doit comprendre et respecter. Entretien 

Vous êtes le directeur du magazine panafricain en ligne « ContinentPremier.Com », en plus d’autres initiatives implantées dans le monde, notamment en Suisse. Pouvez-vous revenir sur votre parcours et le lancement de cette publication ? 

Je suis Africain et Sénégalais pour lequel, tout ce qui est humain n’est pas étranger. Diplômé de la troisième promotion de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, avec une maîtrise en langues étrangères appliquées (anglais-arabe) et une spécialisation en Tourisme, j’ai quitté mon pays pour poursuivre d’autres études à Genève, en Suisse et à Paris, en France. Je suis spécialiste, en dehors d’être un cadre du secteur du Tourisme et de l’Hôtellerie, du Machrek et du Maghreb avec un diplôme d’études approfondies en Histoire contemporaine, obtenu à l’Institut Maghreb-Europe de l’Université de Paris 8.À Genève, j’ai aussi une maîtrise en Histoire des Religions : ce n’est pas de la théologie, mais la science des religions. Cumulativement en Belgique, j’ai fait un stage de communication, à Katho University dans les Flandres. Je suis par ailleurs titulaire de certificats de formation dans divers domaines. Le journalisme, je l’ai taquiné depuis le collège, et à l’Université de St-Louis, j’ai créé le premier journal d’étudiants ressortissants d’une ville que j’avais intitulé « Le Sadjien» ( en référence au lycée Abdoualye Sadji) avec un comité de rédaction formidable. Le journal était tellement bien fait que l’ancien Recteur, Amadou Lamine Ndiaye le présentait aux nombreux invités de l’Alma mater. Bref, en 2000, avec le passage de l’an, mes reportages pour « Sud quotidien » depuis Genève, qui faisaient souvent la « Une » du journal, m’ont imposé naturellement comme le correspondant du premier quotidien privé sénégalais en Suisse. Tour à tour, en me professionnalisant, je suis devenu le Correspondant à Genève du quotidien « le Soleil » depuis 2003, après avoir collaboré avec « Sudquotidien » et « WalFadjri ». Pour la radio, j’étais aussi le correspondant de BBC Afrique basée à Londres. En suisse, j’ai collaboré avec l’agence de presse Info Sud et d’autres publications quotidiennes parmi lesquelles « La Tribune de Genève » où j’anime encore un blog très bien suivi.  Je suis le premier journaliste sénégalais accrédité, à titre individuel, auprès du département fédéral suisse des affaires étrangères, et au Palais des Nations unies à Genève.  En 2004, j’ai lancé le magazine « ContinentPremier », au Club suisse de la presse, rempli de monde.

 Vous avez lancé, depuis la Suisse, le concept des « Gingembres de ContinentPremier». Qu’est-ce qui a impulsé sa mise en place ? 

 

Le « Gingembre de Continent Premier», s’inscrit dans le cadre du grand cycle de conférences intitulé « Réflexion sur le dialogue des civilisations et la place de l’Afrique dans le 21-ème siècle », une série de conférences initiées par le magazine panafricain ContinentPremier. En parallèle au café littéraire, le «Gingembre » se décline en «  gingembre littéraire », «  gingembre économique », «  gingembre politique » etc., selon le type de sujet discuté et le profil des intervenants.   Il s’agit pour nous d’offrir à l’Afrique et au monde un espace de dialogues, en toute transparence, en toute générosité, pour esquisser des solutions aux problèmes de nos sociétés.

Le thème qui a été retenu pour cette première édition est le « Vivre ensemble », décliné en trois sous-thèmes qui ont fait l’objet de panels à Rufisque, Dakar et Saint-Louis. Estimez-vous que cette notion du vivre-ensemble perd de plus en plus sa valeur ?  

Il y a eu un climat politique et social qui avait mis à mal les fondements solides du « Vivre Ensemble » de ce pays, connu pour sa grande hospitalité, son respect de l’unité dans la diversité. Des discours rompant avec la sagesse et qui étaient porteurs d’une grande violence sociale. Malheureusement, ce constat est aussi valable dans beaucoup de pays africains et sur toutes les latitudes. Poser sur la table la question du vivre ensemble était donc apporter une modeste participation au renforcement du dialogue social et à l’ancrage de la démocratie dans une période un peu tendue avec l’émergence d’un sentiment identitaire qui est à l’opposé du magnifique héritage sénégalais de la parenté à plaisanterie et du commun vouloir de vie commune si chers à ce grand peuple !  

Aujourd’hui le monde est confronté à la pandémie du coronavirus. L’une des mesures prises dans plusieurs pays du monde est le confinement, mais également la distanciation sociale. Ici, la notion du vivre-ensemble dans une certaine mesure, est mise à rude épreuve…

Réfléchir sur comment vivre ensemble, malgré nos différences, est un acte d’hygiène intellectuelle et de salubrité publique. C’est opérer aussi des arrangements par l’éducation et la culture de la citoyenneté. La paix ça s’apprend, ça se cultive, ça se construit. C’est en cela que les conflits qui naissent des incompréhensions ou d’un désir de pouvoirs peuvent être anticipés et circonscrits à défaut de les éviter. Il faut donc comprendre les sociétés avant de porter un jugement et un discours sur elles. Oui, la pandémie du Coronavirus pose un défi au vivre ensemble africain car nos peuples ne sont pas égoïstes et la distanciation sociale y est impossible. Je préfère parler de distanciation physique ! L’Africain est, de manière générale, un être profondément social et solidaire. Il est difficile dès lors et notamment parceque la majorité des populations a un travail non salarié, pour ne pas dire vit au jour le jour, de nous confiner dans des maisons de plus de 5 à 10 personnes. C’est pourquoi là aussi, tout en promouvant les mesures d’hygiène et les gestes barrières, il nous faudrait aller puiser dans notre génie local pour apporter des réponses idoines face à cette crise sanitaire sans précédent. Avec la faiblesse de notre plateau technique, la prévention demeure notre arme de destruction la plus puissante face au nouveau coronavirus.

Délocalisée pour la première fois en Afrique, notamment au Sénégal, la première édition des « Gingembres de ContinentPremier» a été lancée à Rufisque en novembre 2019. L’histoire de cette ville a-t-elle influencé ce choix ? 

Pour la première fois, un pays africain a accueilli le Gingembre de ContinentPremier. Rufisque, ville de cultures et d’histoire, où autour de l’écrivaine Aminata SowFall, le curseur a été mis sur les Femmes pour leur rendre hommage, s’est battue comme les autres pour nous accueillir et ouvrir le « bal » si l’on peut dire. Sans les femmes, il n’y a pas d’Humanité ! Je voudrais dire qu’au-delà même de Rufisque, Saint-Louis et Dakar, le Sénégal a été choisi finalement pour des raisons pratiques et affectives, étant la terre natale de l’initiateur même du concept.

Comment expliquer le succès de cette première édition ?

C’est sur la base de notes conceptuelles, préparées par l’association ContinentPremier et des experts africains reconnus, que la caravane du Gingembre du Sénégal autour du vivre ensemble a été lancée. La qualité des membres des panels, l’originalité de la démarche intellectuelle, l’inclusivité, mais aussi le travail d’accompagnement extraordinairement professionnel de la presse sénégalaise : télévisions, sites, radios et les réseaux sociaux, et peut-être ce sentiment d’accueillir cet enfant de chez nous qui fait de bonnes choses en Suisse, ont donné un succès retentissant à la caravane littéraire, économique, philosophique et culturelle du Gingembre au Sénégal. Cinq panels tous très bien réussis entre le 8 novembre et le 14 novembre alors que le pays est en pleine ferveur religieuse avec la célébration de la naissance du prophète Muhammad Paix et Salut sur Lui, à Tivaouane, l’un des plus grands centres religieux du pays, en majorité musulmane ! Il fallait le faire ! Je précise que le « Gingembre du Sénégal », qui est financé pour l’instant sans aucun apport étatique, a l’ambition de s’institutionnaliser.  

Lors du dernier « Awards SwitzerlandDiaspo » organisé à Genève, le prix spécial du journalisme vous a été décerné. Est-ce important pour vous, la reconnaissance du travail que vous abattez dans le cadre de votre métier ? 

Quand la reconnaissance vient, notamment de mes propres sœurs et frères africains, j’en suis fort heureux. Je suis le premier lauréat de ce prix comme celui de la Calebasse d’or du meilleur journaliste de la diaspora sénégalaise. L’École de journalisme Ejicom m’a décerné un prix de reconnaissance et d’autres encore. Une haute personnalité africaine m’a dit devant un grand public : l’Afrique doit t’honorer et le Sénégal devrait te décerner la légion d’Honneur etc. Oui, cela me réconforte dans la justesse de mon combat pour un journalisme africain décomplexé et utile. Permettez-moi de préciser qu’avec ou sans distinction, je continuerai, humblement, de servir l’Afrique.

Soucre: intelligences.info/article-16410-le-gingembre-littraire-nous-permet-doffrir-lafrique-et-au-monde-un-espace-de-dialogues-en-toute-transparence-en-toute-gnrosit.html

Auteure: SCHEINA ADAYA

Photo: Elsa Thomasson