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 ·      Les inégalités et les vulnérabilités vont s'aggraver à mesure que les effets de la pandémie ruinent les progrès réalisés en matière de lutte contre la pauvreté, sans compter les autres objectifs de développement durable.

·      La CNUCED propose une feuille de route pour un développement du commerce et des économies qui soit plus inclusif, en redessinant les réseaux de production à l’échelle mondiale.

Les marchés mondiaux, à l’instar des esprits, s'échauffent à l’annonce de la découverte de deux vaccins contre la COVID-19 qui semblent efficaces à plus de 90 %, après des essais cliniques en phase avancée.

Alors qu'il est désormais possible d’envisager la fin de la crise sanitaire, un rapport de la CNUCED publié aujourd'hui avertit pourtant que l’avènement d'un tel vaccin n'arrêtera pas l’onde de chocs provoquée par les dommages économiques qu’elle a induits. Les plus pauvres et les plus vulnérables, en particulier, devraient en souffrir encore longtemps.

 Le rapport, intitulé Impact of the COVID-19 Pandemic on Trade and Development: Transitioning to a New Normal, propose une évaluation complète des conséquences sur les économies, prévoyant une contraction de 4,3 % de l’économie mondiale en 2020. Il avertit aussi que la crise pourrait plonger 130 millions de personnes supplémentaires dans l'extrême pauvreté.

L’organisation même de l’économie mondiale est en partie responsable de l'impact disproportionné sur les plus pauvres, qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour résister à des chocs tels que la COVID-19, explique le rapport.

"La pandémie de la COVID-19 a gravement sapé l'économie mondiale, avec de lourdes conséquences pour tous", a déclaré Mukhisa Kituyi, Secrétaire général de la CNUCED.

“Gagnant rapidement du terrain en dépit des frontières, profitant des autoroutes de la mondialisation, la propagation du virus a bénéficié des interconnexions qui sous-tendent l’économie globalisée et  a joué de ses faiblesses, transformant une crise sanitaire globale en un choc économique mondial qui a frappé le plus durement les personnes les plus vulnérables".

Le rapport constate que le programme de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030 serait mis en échec si des actions politiques ne sont pas prises immédiatement, en particulier en faveur des plus pauvres. Une meilleure reprise économique doit s'appuyer sur une politique commerciale nouvelle qui s'attaquera au double défi de la concentration des marchés et de la protection de l’environnement.

Le rapport note également qu'il est urgent de reconfigurer les réseaux de production mondiaux pour les rendre plus « verts », plus inclusifs et plus durables. En parallèle, il faudra remettre en état de marche le système multilatéral, afin de soutenir les plus vulnérables et d'agir pour préserver le climat.

Une crise aux effets inégaux...

Dans ce rapport, la CNUCED suit l'aggravation de l'impact du virus dans tous les champs de l'économie mondiale et cartographie les effets de la crise sur le commerce mondial, les investissements, la production, l’emploi et sur les moyens de subsistance des individus.

Elle constate que l'impact de la pandémie est asymétrique au détriment des plus vulnérables, tant à l'intérieur des pays qu'entre eux, touchant de manière disproportionnée les ménages à faible revenu, les migrants, les travailleurs du secteur informel et les femmes.

La pauvreté globale augmente pour la première fois depuis la crise financière asiatique de 1998. En 1990, le taux de pauvreté mondiale était de 35,9 %. En 2018, il était descendu à 8,6 %, mais il a déjà atteint 8,8 % cette année et devrait augmenter en 2021.

En outre, la COVID-19 a eu un effet disproportionné sur deux secteurs en particulier - le tourisme et le secteur des micro, petites et moyennes entreprises - qui emploient des personnes issues de groupes vulnérables.

Par exemple, si les hommes âgés ont peut-être plus pâti de l'urgence sanitaire, les femmes et les jeunes semblent les plus touchés par la crise économique. Sur un échantillon de 32 pays pour lesquels des données ventilées par sexe sont disponibles, les pays où l'incidence de la COVID-19 est la plus élevée ont connu une augmentation plus élevée du chômage des femmes que de celui des hommes.

Ces revers, parmi d’autres, comme les fermetures d'écoles qui menacent 20 ans de progrès dans l’accès à l'éducation des filles en particulier, auront de fortes répercussions négatives sur la capacité de production des pays à l'avenir.

...et des réponses inégales

Les disparités causées par la crise de la COVID-19 sont flagrantes. La production et la distribution du vaccin souligneront probablement la capacité limitée de la plupart des pays en développement, y compris des pays les moins avancés (PMA), à répondre à cette crise.

Par exemple, le rapport souligne que les dépenses budgétaires supplémentaires médianes par habitant pour la relance budgétaire, ou pour compenser diverses exonérations, dans les pays développés et les économies en transition, est de 1 365 dollars depuis l'épidémie, contre seulement 18 dollars dans les pays les moins avancés et 76 dollars dans les autres pays en développement.

 

En outre, la plupart des pays pauvres n'ont tout simplement pas les filets de sécurité nécessaires pour soutenir leurs populations.

Le rapport estime qu'environ 79,4 % des travailleurs en Afrique subsaharienne et 84,5 % des travailleurs dans les PMA n'ont accès à aucune protection sociale ni à aucun programme de soutien à l’emploi.

Le rapport appelle à un renforcement de l'aide internationale, qui consisterait notamment à alléger la dette de nombreux pays pauvres afin qu'ils disposent de la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie sur leurs populations.

Une feuille de route pour une meilleure reprise

Dans ce rapport, la CNUCED propose une feuille de route vers une reprise qui nécessite un changement attendu mais tardif de la structure du commerce et de la coopération au niveau mondial.

"La COVID-19 a été douloureuse et a changé le cours des choses. Mais cette pandémie est aussi le catalyseur d’un changement nécessaire", a déclaré M. Kituyi. "Nous devons réorganiser les réseaux de production mondiaux et renforcer la coopération multilatérale".

Les réseaux de production mondiaux joueront un rôle de premier plan dans la production et la distribution du nouveau vaccin, comme ils l'ont fait pour l'acheminement des fournitures médicales essentielles au plus fort de la crise.

Mais le déploiement du vaccin mettra probablement en évidence des inégalités bien enracinées dans le système commercial mondial qui, selon le rapport, doit changer pour "mieux se remettre » de cette crise.

"Le moment est venu de s'attaquer aux faiblesses de la mondialisation qui ont conduit à la propagation rapide du virus à travers le monde et à ses répercussions économiques inégales", a déclaré Dr Kituyi.

"Ces efforts doivent aller de pair avec l'arrivée de potentiels vaccins sur le marché. A défaut, nous risquons de renforcer les inégalités qui ont transformé cette urgence sanitaire en crise économique".

Selon le rapport, la crise peut catalyser l’émergence de nouveaux réseaux de production plus résistants, basés sur des chaînes de valeur plus courtes, plus régionales, durables et numériques.

C'est aussi une opportunité de rendre les productions plus vertes. Les émissions mondiales de CO2 sont en passe de diminuer de 8 % cette année, à hauteur de 2,6 gigatonnes. C'est à peu près le niveau de réduction qui sera nécessaire annuellement sur les dix prochaines années afin de sauvegarder les progrès déjà enregistrés pour contenir le réchauffement planétaire en-dessous de 1,5 degré Celsius. Alors que les économies s'ouvrent à nouveau, il faut faire davantage pour que la production internationale soit en phase avec l'urgence climatique.

"Tout dépendra des politiques adoptées et de la capacité à les coordonner, tant au niveau international que national", a déclaré Dr Kituyi. "Ainsi, malgré de sombres perspectives, il est encore possible de transformer la crise de la COVID-19 en un chapitre positif pour les Nations Unies et qui fera émerger un avenir plus inclusif, plus résilient et plus durable".