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De grandes opportunités de commercialisation de la production nationale d’oignon existent dans  la sous-région. A en croire le ministre du Commerce, de l’Industrie et du Secteur Informel, Alioune Sarr, qui participait au quatrième Examen global de l’aide pour le commerce, à Genève (du 8 au 10 juillet derniers), près de 150 mille tonnes de la production sénégalaise pourraient être écoulées en Guinée et en Mauritanie. En marge de la rencontre internationale organisée par l'Organisation mondiale du commerce (Omc), Alioune Sarr s'est aussi expliqué sur la cherté des denrées de première nécessité.

 

 

 

 Wal Fadjri: L'oignon fait couler beaucoup de salive au Sénégal ces derniers jours, ce produit est-il compétitif ?

Alioune SARR :L'oignon donne beaucoup de satisfaction. Voici un produit qui, en moins de 15 ans, est passé de 40 mille tonnes à 150 mille tonnes. Cela veut dire que ce qui est fait sur l'oignon peut-être fait sur le riz, sur la pomme de terre, sur la patate. Ce message demeure extrêmement positif. Cette réussite, nous la devons à des Sénégalaises et Sénégalais. L'exemple de l'oignon mérite qu'on y réfléchisse afin qu'il soit démultiplié un peu partout. Nous avons donc les possibilités d'être autosuffisant sur beaucoup de filières. Il est aussi évident que quand vous avez une progression aussi importante de la production, en la multipliant par 6 en l'espace de 15 ans, et que les infrastructures de commercialisation ne l'accompagnent pas, il y a logiquement des difficultés. Surtout pour l'acheminement des produits vers les marchés de destination. A ce niveau, le gouvernement a entrepris un vaste programme de décloisonnement des sites de production et des marchés.

Quand vous avez 30 mille tonnes d'oignon, vous ne les mettez pas en plein air ; c'est un produit périssable qui demande d'être stocké. Là aussi un travail est en train d'être fait mais qui peut être amélioré. Il faut ajouter à ces difficultés des habitudes que le gouvernement, en accord avec les producteurs, a décidé de modifier car certains pensent au Sénégal qu'après la récolte il faut des mesures de protection pour pouvoir vendre alors que dans la sous-région on importe chaque année 400 mille tonnes d'oignon.

En faisant quoi ?

Alors qu'on parle d'intégration sous régionale où le Sénégal est leader et que des pays de l'espace Cedeao importent de l'oignon plus que notre pays en produit. Ne serait-il pas logique d'aller prospecter ces marchés ? C'est pourquoi j'ai commis une mission avec l'Agence sénégalaise de promotion des exportations (Asepex) et l'Agence de régulation des marchés (Arm) qui ont pris 20 producteurs et sont allés en Mauritanie et en Guinée. Le résultat est que nous avons en Guinée une demande 9 mille tonnes d'oignon par mois, soit près de 100 mille tonnes par an, et 6 mille tonnes en Mauritanie par mois. C'est dire que près de 150 mille tonnes de la production sénégalaise pourraient être écoulées dans ces deux pays. Et là, on nous dit mais est-ce que le Sénégal aura suffisamment d'oignon ? C'est justement le manque d'ambition. Le gouvernement du Sénégal pour sa part dit que nous n'avons même pas encore exploité le dixième de nos capacités de production. Nous avons une variété d'oignon dénommée Mercedes et produite à Darou Khoudouss dans la région de Thiès.

 La quasi-totalité de cette production est exportée en Espagne. Mercedes a un taux de rentabilité de 70 tonnes à l'hectare. Les paysans rencontrés là-bas nous disent qu’ils n’ont pas de problème de commercialisation. Nous voulons plutôt avoir plus d'eau pour augmenter la surface emblavée et produire. Faites le calcul si nous emblavons mille hectares. Notre ambition clairement définie est donc d'améliorer la qualité du produit pour mieux faire face à la compétition mais également s'attaquer au marché sous-régional. Mieux, nous voulons après l'amélioration de la production et la promotion des exportations dans la sous-région, aller vers la transformation. Tous les cubes, bouillons que nous consommons au Sénégal sont composés au tiers par la poudre d'oignon. Et c'est de la poudre d'oignon qui est importée. Je suis donc heureux de voir des industriels sénégalais se rapprocher des producteurs d'oignon.

«En baissant 40 francs Cfa sur le kilo du riz, c'est 40 milliards d'économie pour les ménages»


L'enquête sur les ménages dévoile que plus de 52 % du budget des ménages sénégalais vont dans l'achat de la nourriture. Ne pensez-vous pas qu'en abaissant les prix des denrées, les Sénégalais se sentiraient mieux ?

Le gouvernement a déjà fait baisser les prix des denrées telles que le riz, le sucre et l'huile. Nous importons un million de tonnes de riz. En baissant 40 francs Cfa sur le kilo du riz, c'est 40 milliards d'économie pour les ménages. Nous avons baissé 25 francs Cfa sur le kilo du sucre. Le litre d'huile qui coûtait 1 000 francs Cfa est à 900 francs Cfa. C'est là encore 100 francs Cfa de réduction. Nous avons donc commencé le travail. Le gouvernement a ciblé aussi 15 autres produits et la Commission nationale qui s'occupe du suivi du prix des denrées travaillent sur ces produits. Le travail est fait avec mon collègue du ministère des Finances. Pour le sucre, le gouvernement a donné instruction à la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) d'assurer au Sénégal l'autosuffisance en sucre dans 3 ans pour que l'on ne soit pas obligé d'importer. Nous importons chaque année entre 60 mille et 75 mille tonnes de sucre ; ce qui revient à une trentaine de milliards de francs Cfa. Le riz, le sucre, l'huile et quelques autres produits que nous importons nous coûtent près de 400 milliards de francs Cfa, soit pratiquement le 1/4 de nos importations. 

En assurant notre autosuffisance pour ces produits, on pourrait schématiquement dire que nous économiserons une bonne manne financière qui pourrait être ensuite être injectée dans l'économie nationale. Je dis souvent que quand vous importer dans un pays vous y créez de la richesse et vous avez en même temps un mouvement des populations vers la destination où l'argent va. Jetez un coup d'œil de l'émigration de nos jeunes en Europe, par exemple en Espagne. La majorité travaille dans des champs, dans les travaux de bâtiment, de génie civil. C'est le résultat aussi de la valeur ajoutée créée dans ces pays par l'importation massive de produits agroalimentaires. Rien n'est gratuit dans le commerce international. Quand vous prenez l'argent que vous envoyez ailleurs, vos populations se déplacent vers là où il y a l'argent car l'être humain s'est toujours déplacé vers là où il peut vivre meilleur.La création d'emplois, la création de richesses passe nécessairement par l'injonction massive de capitaux dans le pays et naturellement le premier des capitaux est l'argent des Sénégalais, l'argent public et les investissements étrangers.

Quel bilan tirez-vous de votre participation au quatrième Examen global de l’aide pour le commerce ?

Je suis venu avec mon collègue du Tourisme, Youssou Ndour, et une très forte délégation. Nous avons, chacun en ce qui le concerne, participé à des sessions sur des secteurs extrêmement importants. Nous sommes dans un contexte mondial qui pose cet enjeu pour nos Etats, c'est-à-dire arriver à être des acteurs économiques actifs du commerce mondial. Le Sénégal se caractérise par un déficit chronique de sa balance commerciale (1 405 milliards francs Cfa de déficit). Ce sont donc des réserves du Sénégal qui sont utilisés pour aller sur le marché international pour acheter des produits et les emmener au Sénégal. Notre pays importe les principaux produits de sa consommation : le riz, une partie du sucre, l'huile etc. Lors de cette réunion, nous avons rencontré les différents partenaires du Sénégal : l'Omc, la Cnuced, l'Itc et tous les acteurs qui accompagnent le pays dans le développement et le renforcement de ses activités commerciales. Nous avons aussi échangé sur un certain nombre de stratégies qui ont été mises en œuvre depuis un certain nombre d'années dans le domaine de l'accompagnement au commerce. Il y a des atouts, des progrès mais également des réglages à faire.


«Le Sénégal a un commerce excédentaire au niveau de la sous-région de 150 milliards si on prend l'espace Cedeao…»


Lesquels ?

Nous l'avons dit et répété ici, il nous faudrait que l'aide au commerce soit réorientée vers les marchés sous-régionaux. Ce qui est important pour connecter nos pays sur les marchés internationaux. Cette aide au commerce doit être, d'abord, orientée au marché local et sous-régional tout en gardant le cap sur les marchés internationaux où nous avons le plus de valeur ajoutée. Les produits qui sont présents dans nos marchés nationaux doivent être accompagnés, c'est le cas du riz pour le Sénégal qui a un objectif de 1,8 million de tonnes en 2018. C'est un chantier extrêmement important. Le Sénégal consomme 1 million de tonnes de riz. Les 800 mille tonnes restantes seront destinées au marché sous-régional. N'oubliez pas que le riz de la vallée du fleuve Sénégal est extrêmement prisé au Sénégal. Vous avez là un produit qui est un exemple de ce qu'il faut faire en termes de chaîne de valeurs en Afrique. En accompagnant ce produit, nous pouvons assurer l'autosuffisance alimentaire du Sénégal en riz, qui nous coûte 250 milliards par an, mais en même temps cela nous ouvre des portes sur le marché sous-régional avec ce que cela implique en termes d'excédents du commerce extérieur. Je voudrais aussi signaler que le Sénégal a un commerce excédentaire au niveau de la sous-région de 150 milliards si on prend l'espace Cedeao, et avec l'Uemoa on est à près de 350 milliards de francs Cfa. N'eut été les 250 milliards de pétrole que nous importons du Nigeria, le Sénégal aurait eu une balance commerciale extrêmement excédentaire au niveau de l'espace Cedeao. C'est un marché important et c'est pourquoi le gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour que les entreprises sénégalaises soient davantage accompagnées au niveau de la sous-région.

Nous avons identifié certains projets d'aide au commerce, c'est le cas du Cadre intégré renforcé où nous avons constaté de vraies lenteurs. Nous avons dit à nos principaux partenaires que la véritable cadence qu'il faut imprimer au cadre intégré c'est de finaliser des projets et de les mettre en œuvre assez rapidement. C'est un dossier sur lequel le Sénégal a trop traîné. Nous avons aussi soumis le tourisme communautaire au niveau de l'Itc et qui sera aussi porté au niveau de l'organisation mondiale du tourisme. Le tourisme sera financé. Nous avons aussi amené un projet sur la mangue sénégalaise portant sur sa production à sa transformation. Le Sénégal produit 100 mille tonnes de mangue et nous n'exportons que 8 500 tonnes et nous importons encore de la poudre de mangue au Sénégal. C'est pourquoi nous nous sommes appuyés sur la diplomatie économique incarnée ici avec talent par l'Ambassadeur Fodé Seck pour nous permettre de faire bénéficier le Sénégal de tous les leviers disponibles au niveau international.

Propos recueillis, à Genève, par El Hadji Gorgui Wade NDOYE