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En visite à Genève pour présenter le processus de paix en Côte d'Ivoire, le ministre ivoirien s'est entretenu avec ContinentPremier sur différents sujets liés à la réconciliation dans l'un des pays les plus importants économiquement en Afrique de l'Ouest.(entretiens)

Mr le ministre, où en êtes vous avec la réconciliation en Côte d’Ivoire? 

"Je peux dire aujourd’hui que la réconciliation est très bien engagée en Côte d’Ivoire, qu’elle suit son cours, et que tous les signaux sont ouverts dans notre pays. La réconciliation politique a eu lieu ; ainsi que la réconciliation sociale et humanitaire. La réconciliation spirituelle, religieuse et ethnique, a lieu ou en cours. En tout cas, tout ce que nous pouvons faire pour que les ivoiriens et ivoiriennes qui vivent en Côte d’ivoire soient en harmonie, nous le faisons à travers des lois, et à travers le comportement des gouvernants.

La preuve en est qu’il y a quelques mois, le Président de la République a pris une décision importante sur les cartes de séjour. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tous les Africains de la CEDEAO n’ont plus besoin de visas pour circuler dans notre pays. La carte de séjour a été supprimé par le président de la République. La Côte d’Ivoire donne là l’exemple de la réconciliation. C'est le seul pays de la sous région, à avoir pris cette décision. Notre pays est composé de 12% de populations d’origine étrangère. Donc supprimer la carte de séjour rend énormément service à nos parents, qui sont venus d’ailleurs. C’est déjà là un acte de réconciliation fort que le président de la République a posé.

À cela j’ajoute maintenant la réconciliation politique qui a consisté à la signature de l’Accord de Ouagadougou. Cet accord est issu du dialogue direct initié par le président Gbagbo et du secrétaire général des Forces nouvelles et actuel Premier ministre, Guillaume Soro. Cet  accord nous permet de réaliser tous les points qui étaient laissés en suspens. Il s’agit des audiences foraines que nous exécutons sainement, du démantèlement des milices, de la démobilisation, des législations et de l’organisation des élections."  

Pensez-vous que les élections auront lieu ? 

" Sur ce sujet, j’aimerais vous dire que les élections auront lieu. Les accords préconisent qu’elles se tiennent au plus tard au mois de juin 2008. Les conditions d’organisation sont bien engagées, la commission électorale qui est dirigée par des partis d’opposition est en place. On pense qu’ils feront leur travail correctement. Ces élections sont à la limite regardées de très près par l’ONU. Donc, si tout cela est mis en place, si toutes ces conditions sont remplies, les élections auront lieu. Si les élections ont lieu dans des conditions transparentes, il n’y a pas de raisons qu’il ait encore de conflit à la suite. Donc ici il est question que chaque leader politique s’engage dans l’application de l’Accord de Ouagadougou. C’est le seul baromètre que nous avons aujourd’hui pour évaluer la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire."  

Comment expliquez-vous l’échec des Accords d’Accra I, II et de Marcoussis ? 

"Ces accords n’ont pas eu de réussite tout simplement parce que c’est la paix qu’on nous imposait. Ce n’était pas la paix des Ivoiriens. C’était la paix qui arrangeait les gens de l’extérieur. Donc, comme c’était leur paix, elle ne convenait pas encore suffisamment à notre environnement, à notre mental et notre vécu. Cela ne pouvait pas marcher. Si on apporte un médicament à un corps qui est malade et qui réclame un autre médicament, évidemment le médicament qui n’est pas destiné à ce corps là ne pourra pas le soigner. C’est comme si vous avez des infections, et qu’on vous donne des aspirines. Ça va échouer car l’aspirine n’est pas faite pour guérir des maladies infectieuses. Ça a été le cas en Côte d’Ivoire."  

Vous avez tenu ici en Suisse, à Genève, une conférence pour montrer ce que vous êtes en train de faire. Quel est le message que vous lancez aux diasporas ivoiriennes à travers le monde ? 

"Le message est simple. C’est celui que le jeune qui est venu avec moi a lancé. Aujourd’hui, la diaspora ivoirienne qui est venue n’a plus de raison de rester ici. Parce que si cette diaspora était venue par crainte de ce qui se passait chez nous, elle n’a plus raison de rester en Suisse. En Côte d’Ivoire, tout va bien aujourd’hui. Si cette diaspora aime son pays, elle devrait y retourner. Les investissements qu’ils font ailleurs, ils peuvent aussi les faire chez eux. On ne peut plus se dire qu’on est réfugié ici car il y a une crise en Côte d’Ivoire."  

Concernant les Ivoiriens qui ont été impliqués dans cette crise et qui sont aujourd’hui sur liste noire des Nations-Unies, qu'allez-vous faire à l'endroit de Blé Goudé et les autres? 

"Ce point fait partie de la résolution du conflit pour la sécurité intérieure. Pour que la paix soit réelle, il faut actionner les jeunes. Avec l’Accord que nous avons signé entre nous, il n’y a plus raison de condamner des gens. Il faut laisser les gens libres. Si c’est pour atteindre la paix qu’ils étaient condamnés, aujourd’hui cet objectif est atteint. Il n’est plus logique qu’on maintienne encore des sanctions sur ces jeunes qui sont aujourd’hui engagés dans le processus de paix. Ce sont eux qui sont entrain de faire la paix avec le ministre de la réconciliation nationale. Les leaders des Jeunes Patriotes, ce sont eux qui à l’époque faisaient de la résistance mais qui aujourd’hui font la paix avec les autres.

Nous sommes un peu gênés par cette situation car ces jeunes nous les utilisons sur le terrain pour régler les conflits mais malheureusement ils sont encore sous le coup des sanctions. Il est donc question que l'organisation des Nations-Unies réfléchisse sur ce dossier et lève les sanctions.

Nous souhaitons par ailleurs que le Conseil de sécurité voie à la baisse les difficultés de notre pays. La Côte d’Ivoire est entrain de sortir de la crise et fonctionne normalement comme tous les pays du monde entier.   

Par El Hadji Gorgui Wade Ndoye et Lara Atia ( stagiaire)